Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIES / Petit tour de piste aux Bains genevois

On le dit volontiers. Tout ne va pas très bien aux Bains genevois. Le quartier perd de son dynamisme, tandis que la Vieille Ville reprend du poil de la bête et que l'Etoile, du côté de la Route des Jeunes, pointe le bout de l'oreille. Voici néanmoins de quoi voir, en attendant la foire Artgenève, qui se déroulera à Palexpo du 30 janvier au 2 février 2014.

Jan van Oost. Il est Belge, comme son nom l'indique. Il sculpte, avec l'aide de praticiens. A 52 ans, l'artiste se retrouve dans la galerie Bernard Ceysson. Celle de Genève, puisqu'il s'agit là d'une petite multinationale. Il y montre des statues en marbre de Carrare si blanches qu'elle semblent solubles dans l'eau chaude, comme le sucre. Le dénominateur commun se révèle le crâne, objet à la mode s'il en est. Les vitrines du marchand de fringues Maniak, de l'autre côté de la rue du Vieux-Billard, en montrent d'ailleurs d'autres, moins artistiques. Tout reste lisse et parfait dans ces œuvres extrêmement froides (comme la mort...). Elles rappellent que, de Jan Fabre à Antoine Roegiers, souvent vus chez Guy Bärtschi, la grande tradition fantastique flamande n'est pas morte. (Jusqu'au 31 décembre, site www.bernardceysson.com)

Alain Huck. Le Vaudois, aujourd'hui âgé de 56 ans, est de retour chez Skopia. Toujours fidèle à ses artistes,  Pierre-Henri Jaccaud le présente en effet depuis 1989, alors que sa galerie se trouvait encore à Nyon. Il y a cette fois d'immenses dessins au fusain, placés sous le signe de la symétrie. Ce n'est pas le test de Rorschach, mais presque, dans ces feuilles où l'une des parties semble reproduire l'autre. Le galeriste souligne à leur propos "l'intérêt de l'artiste pour le trouble, l'instable et la prolifération visuelle". Un peu déstabilisé, le spectateur doit donc se projeter dans un univers surabondant, où il retrouvera notamment le figures mythologiques de Prométhée et de Narcisse. Il y a aussi là un chrysanthème, fleur en Occident vouée aux morts. Il prend une forme de champignon atomique. Somptueux, mais vénéneux. (Jusqu'au 21 décembre, www.skopia.ch)

Darren Almond. Il est Anglais. Il a 42 ans. Darren expose aujourd'hui chez Xippas Genève (il s'agit aussi là d'une multinationale). Fasciné par le temps, si difficile à représenter, le Britannique en a adopté une figuration presque horlogère. Dans deux des pièces visibles rue des Sablons, de petits volets claquent pour bien montrer son passage. Un déclic qu'il faudra assumer à l'éventuel acheteur. Il y a aussi, dans la galerie, des toiles présentées sous forme de polyptyques et une vaste photo en couleurs. Car Allmond, qui fut finaliste du prestigieux Turner Prize en 2005 et l'un des participants à la légendaire exposition londonienne "Sensation" de 1999, manie aussi l'objectif. Il s'agit de paysages pris de nuit, dont le seul éclairage est la lune. Le passage du temps se révèle ici aussi capital. Il faut des heures pour que l'image ressemble à un cliché pris en plein jour. (Jusqu'au 2 février, www.xippas.com)

Le programme complet des galeries sur trouve sur www.quartierdesbains.ch Photo (DR): L'un des Alain Huck les moins symétriques à voir à la galerie Skopia.

Prochaine chronique le vendredi 13 (eh oui!) décembre. Le Musée Baur présente à Genève de la peinture coréenne ancienne. Savant!

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