Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIES/ Genève n'en finit pas de bouger

Rien n'est simple. Tout se complique. Le titre de deux très vieux albums du dessinateur Sempé me revient en pensant au remue-ménage sans fin des galeries genevoises, depuis une trentaine d'années. Un signe de fébrilité, et donc de vie. Bien partie au Flon dans les années 1980, l'activité lausannoise semble aujourd'hui presque éteinte. "J'avais le choix entre aller à Genève et à Lausanne", se souvient un galeriste des Bains qui a débuté sur la Côte vaudoise. "J'ai choisi Genève presque par hasard, et je m'en félicite chaque jour." 

Où en sommes-nous en septembre 2014? Je vous ai déjà cité deux ouvertures à propos de la "Nuit des Bains". Laurence Bernard a réussi son entrée en reprenant l'espace laissé vide par Tracy Müller, rue des Vieux-Grenadiers. Les frères Chapuisat ont fait très fort (1). La chose ne signifie pas que Tracy, travailleuse et pugnace, disparaisse pour autant. Elle s'est multipliée cet été avec ses artistes en dehors de la ville, promenant Président Vertut jusqu'à Bogotà. Elle annonce aujourd'hui "l'ouverture prochaine" d'un showroom au Port-Franc. L’Alémanique se trouvera ainsi près de Sandra Reccio et de Simon Studer. J'en profite pour annoncer que ce dernier double sa surface au Port. Il crée, à côté de son cabinet de conseils, un lieu d'accrochage. Inauguration le 30 septembre.

Le retour de Guy Bärtschi 

Le 18 septembre, jour (ou plutôt nuit) des Bains, Mezzanin s'installait à la place de Blancpain, qui disparaît définitivement, Marie-Claude Stobart se retirant à Londres. Marie-Claude était cependant présente, la semaine dernière, pour soutenir ses successeurs viennois, d'où une certaine confusion dans les esprits. Le lieu poursuit en fait sa carrière avec trois nouvelles dames. Aux côtés de l'Autrichienne Karin Handlbauer, on note la présence d'Anne-Laure Dorbec et de Sonia Garcès. Elles devront se faire connaître. Ce ne sera pas facile. Il y a pourtant chez elles une idée originale. Les candidats à une exposition de trois mois postulent avec un formulaire à remplir sur leur site. 

Guy Bärtschi va revenir aux Bains, où tout bouge dans la mesure où Quark a également ouvert il y a peu, rue Charles-Humbert avec une politique très expérimentale. Ce sera "tout près de son ancien espace", qui se situait rue du Vieux-Billard. Guy n'abandonnera pas pour autant le superbe lieu qu'il occupe au 43, rue des Jeunes. Il s'agira d'un strapontin. Une politique initiée à Genève par Rosa Turetsky et son Pièceunic, fermé au moment de la crise de 2008. Sébastien Bertrand et Phoenix Ancient Art ont tous deux repris récemment l'idée rue Etienne-Dumont. Guy Bärtschi avait longtemps parlé d'une sorte de repli moral. Mais à côté de l'adepte du yoga subsiste le suractif, même s'il est désormais épaulé par Barthélémy Pralong.

Puisque j'étais rue Etienne-Dumont, restons-y. Jacques de la Béraudière met la clé sous le paillasson du 2, qu'occupait jusqu'en 2010 Guy Bärtschi. Il partirait pour Bruxelles, où se trouvent aujourd'hui les plus gros gros ex-contribuables français et où brille, en janvier, la BRAFA. Une foire qui égalera bientôt presque la TEFAF de Maastricht en importance. Le rejet par Art/Basel cette année des galeries d'art moderne, conduisant à l'éviction de la maison La Béraudière, n'a sans doute pas été étranger au choix du Parisien.

Mouvements en Vieille Ville

Plus haut dans la Vieille Ville, une disparition discrète à signaler. C'est celle de l'Espace d'art, 37, Grand-Rue. Cette galerie occupait une magnifique surface, tout en profondeur, qui fut jadis la librairie ancienne de Monique Huguenin. "A louer". Krugier, pour lequel on craignait le pire, reste en revanche présent, non loin de là. Il ne s'agit pas d'une coquille vide, comme peut l'être, rue de l'Hôtel-de-Ville, Ferrero qui fonctionne au super ralenti. Krugier pourrait même repartir sur des bases neuves (2). Mais là, je ne peux rien dire. Bouche cousue. 

Descendons maintenant jusqu'en plaine. Gagosian s'était installé à l'étage, au 19, place Longemalle, dans ce qui ressemblait fâcheusement à un bureau de luxe. Il annexerait les arcades du bas, actuellement en travaux. Question de standing.

Déménagement carougeois 

Et à Carouge? Et bien les choses restent plus calme. Un déménagement cependant à signaler. Véronique Philippe-Gache a déplacé Ligne 13. Son propriétaire voulait récupérer le mini espace en arcade pour ouvrir... une galerie. Il lui a fallu aller ailleurs. La Française n'a pas pour autant quitté la rue Ancienne. Elle a inauguré son nouveau lieu le 29 août, afin de frapper les mémoires. Elle se trouve en effet désormais au 29. 

Voilà. C'est tout pour aujourd'hui.

(1) Tellement fort du reste que le propriétaire de l'immeuble a exigé la destruction partielle de leur installation. Celle-ci ne sera plus visible intégralement que ce lundi 22 septembre.

(2) Coïncidence? De nombreuses pièces (tableaux, gravures...) provenant de la galerie Krugier sont néanmoins proposées par l'Hôtel de Ventes de la rue Prévost-Martin pour ses vacations du début octobre. Elles sont dues à des artistes un peu oubliés, même si on note une belle série de Geneviève Asse. On peut consulter le site de l'Hôtel depuis le 20 septembre.

Prochaine chronique le mardi 23 septembre. Visite à la biennale "Images" de Vevey.

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