Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIES / Demandez le menu d'"Art7" à Carouge!

Je vous ai expliqué hier qu'"Art7" fêtait sinon ses dix ans ce week-end à Carouge, du moins sa dixième édition. Reste encore à voir ce qu'elle contient. J'ai vu pour vous les sept galeristes et le directeur de musée. Voilà ce que ça donne. 

Véronique Philippe-Gache-Ligne 13 

"Je présente le collectif Le Gac-Jean Pleinemer. Il s'agit en fait d'une seule et même personne. Né en 1936, Le Gac reste un des personnages emblématiques de la "nouvelle figuration" française des années 1960-1970. Il joue ici sur la fiction et la réalité, au point de devenir un collectif à lui tout seul. L'homme nous dit ainsi que l’œuvre reste plus importante que celui se cachant derrière. Le Gac revisite pour nous ses archives, puisant jusque dans son enfance. Il y ajoute de la musique et des images. Il s'agit là d'un art éminemment narratif."

Christine Ventouras-Krisal 

"J'aime bien l'idée de faire quelque chose en commun avec le Musée de Carouge. Il y a eu Alan Humerose, que nous avons partagé. Je lui reprend aujourd'hui André Kasper, qui y a eu sa rétrospective. J'ai adoré son atelier dans la Vieille Ville. J'aime son approche de l'histoire de l'art. Sa figuration peinte me séduit. Bref, j'apprécie tout en lui, sauf ses prix... qui risquent de décoiffer certains de mes clients. Pour moi, cette exposition, que j'ai voulue, constitue un saut dans le vide. Mais j'avoue que cette idée n'est finalement pas désagréable." 

Maya Guidi 

"Je reprends Albertine. La Genevoise est une habituée de mon petit espace. C'est la huitième fois que je la montre. La dernière ne remonte pas bien loin. C'était en 2013. Albertine sait se multiplier grâce à des travaux de commande. Chez moi, elle peut accomplir son travail plus librement. Il y a eu les encres. La sérigraphie. Elle en arrive maintenant à la gouache, parfois en grand format. L'exposition s'intitule "Mise en scène". Il s'agit aujourd'hui d'une créatrice reconnue à l'étranger. Je suis heureuse d'avoir un peu contribué à son succès." 

Isabelle Dunkel-I.D. 

"Je vais montrer pour la troisième fois François Boisrond, qui sort un peu de ma ligne. J'ai rencontré le Français en 2000. Son travail a évolué depuis, ce qui devient rare. La plupart des créateurs cessent vite de prendre des risques. Ils ne veulent pas déconcerter. Cette fois, Boisrond s'est inspiré du film "Passion" de Jean-Luc Godard, qui date de 1982. Le cinéaste reconstituait avec des acteurs des tableaux d'Ingres ou de Delacroix. Boisrond épousé le modèle utilisé pour "La petite baigneuse" d'Ingres. Il décline maintenant seconde par seconde l'apparition de l'actrice à l'écran." 

Jörg Brockmann 

"Moi, j'expose Raymond Depardon. Après le Grand Palais, le lui offre un tout petit palais à Carouge. Son "Manhattan Out" constitue un travail que le photographe a longtemps laissé dormir dans un tiroir. L'affaire remonte à 1980. Depardon avait accompagné une amie à New York, où il n'était jamais allé. Il devait suivre une équipe du "New York Times", qui l'a envoyé paître. Il n'avait du coup rien d'autre à faire que se promener, le Leica en bandoulière. Il prenait des images sans regarder par le viseur, pour apaiser sa solitude. Ce sont elles que je propose." 

Philippe Lüscher-Musée de Carouge 

"Il était difficile pour mon équipe de respecter le programme en créant une nouvelle exposition. Je n'ouvre donc rien de neuf ce week-end. Ce que les gens pourront voir, c'est douze ans d'acquisitions du musée qui, contrairement à ceux de la Ville de Genève, bénéfice d'un crédit d'acquisition qui tend à se voir raboter. Il y a cependant aussi là des dons et des legs. Il s'agit d'un choix de ce que mon prédécesseur Jean-Marie Marquis, puis moi-même avons pu ajouter. Il y a tout de même eu 2500 numéros d'inventaire créées en douze ans." 

Annick Zufferey 

"J'accueille le collectif CHP, ce qui veut dire "chi a paura?". Un projet du designer hollandais Gils Bakker. Il s'agit pour lui de demander à ses confrères, à des architectes ou à des bijoutiers de créer des modèles de bijoux qui se verront exécutés en petites séries. Je présenterai environ 40 pièces, que j'ai sélectionnées. Ce sont celles qui me semblent les plus intéressantes ou les plus pertinentes. Elles mêlent généralement les matières précieuses à celles qui ne le sont pas du tout. J'ajouterai que le collectif CHP n'a jamais été montré en Suisse." 

Marianne Brand 

"Moi, je reviens à Christine Fabre. C'est la troisième fois qu'elle vient chez moi. Je propose entre-temps quelques-uns de ses pièce en permanence. J'aime le travail de cette Française, qui travaille dans la Drôme, loin de tout, parce qu'une potière a besoin d'espace. Elle est en plus là-bas proche d'une fonderie. Un voisinage qui a son utilité, vu qu'elle marie la terre et le métal. Il y a même cette fois le verre. Je montrerai des pièces pouvant sembler monumentales. Certains vases mesurent un mètre de haut. Je pense qu'ils devraient plaire."

Pratique 

"Art7", parcours à travers Carouge les samedi 15 et dimanche 16 mars de 1h30 à 18h, site www.art7-carouge.com Photo (DR): Christine Fabre revient chez Mariane Brand.

Prochaine chronique le samedi 15 mars. Le XVIIe siècle galant, et même leste. Le Genevois Michel Jeanneret publie une nouvelle éditions des "Historiettes" de Tallemant de Réaux. Attention! Je vais aussi vous raconter demain les problèmes des Ateliers Jean Nouvel. L'architecte a dû vendre...

 

 

 

 

 

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