Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

GALERIES / "Art7" en arrive à sa dixième édition carougeoise

On aurait tendance à dire que l'événement célèbre les dix ans de l'association. Comme "Art7" se manifeste pour la dixième fois à Carouge, qu'il s'agit d'une manifestation annuelle et que je sais encore compter, j'en déduis que le groupement existe en réalité depuis 2005. C'est encore jeune. "Art7" a tout de même voulu modifier son conditionnement. "Nous avons un nouveau logo", explique la cheftaine Christine Ventouras de Krisal. "Un nouvel emballage", complète sa consœur Maya Guidi. "Et nous investissons le cinéma Bio afin de présenter des court-métrages sur nos artistes", conclut Véronique Philippe-Gache, de Ligne 13. 

Mais avant d'en arriver à l'édition qui se déroulera les 15 et 16 mars, un peu d'histoire. "Au départ, nous étions sept", raconte Christine Ventouras. "Pas parce qu'il s'agit d'un chiffre magique. Les choses se sont juste faites comme ça." "Nous étions sept femmes", poursuit Véronique Philippe-Gache. "Liées d'amitié. Il faut dire que nous n'avons jamais travaillé dans un esprit de concurrence.""Il s'agissait de créer un événement commun", conclut Isabelle Dunkel, d'I.D. "Nous sommes vite tombées sur l'idée d'un week-end entier de vernissages, que le public pourrait suivre comme une grande promenade dans la ville."

Une de moins, deux de plus

Aussitôt dit. Presque aussitôt fait. Tout s'est bien passé dès la première édition printanière. Au fil du temps, il y a eu une défection. Leda Fletcher, qui proposait de la peinture chinoise contemporaine, a fermé boutique. Il aura fallu deux hommes pour la remplacer. "Nous avons été rejointes par Jörg Brockmann, qui tenait un espace photos", reprend Véronique Philippe-Gache. "Et il nous a semblé normal d'associer le Musée de Carouge, dont s'occupe Philippe Lüscher", poursuit Christine Ventouras. 

Huit lieux, dans une ville devenue aussi artificielle que Carouge, avec ses restaurants à la mode, ses fleuristes d'art et ses hauts chocolatiers, c'est peu. Il y a donc eu des exclus. "Cela pose d'abord un problème de fond", reprend Maya Guidi. "Qu'est-ce vraiment qu'une galerie?" Certains lieux semblent ne pas posséder les qualités requises. D'autres forment des espaces mixtes, comme le Flux Laboratory de Cynthia Odier, où il se donne parallèlement de la danse de haut niveau ou de la musique. "Flux pourrait cependant nous rejoindre", assure Christine Ventouras, "mais sa directrice ne le veut pas, du moins pour le moment."

Exposer régulièrement

Le grand critère pour constituer une galerie reste bien sûr d'exposer avec une périodicité régulière. "C'est ce qui fait qu'il s'agit d'un métier", explique Véronique Philippe-Gache, qui exerçait à Besançon avant de venir en Suisse. "S'il s'agissait d'un passe-temps, je ferais autre chose." Jörg Brockmann se dit d'accord, "même si pour moi, qui reste photographe, la galerie ne constitue pas mon activité principale." Mais une activité prégnante tout de même. "Les expositions représentent beaucoup de travail et de risques financiers." Pour ce qui est de leur nombre, les statuts d'Art7 ne fixent aucun chiffre minimum. Christine Ventouras en organise neuf par an, Maya Guidi "entre cinq et huit". Plus modestement, Isabelle Dunkel en demeure à trois, comme le Musée de Carouge. Mais celles d'Isabelle, centrées sur le pop art, se révèlent de taille importante. 

Le but d'Art7 est bien sûr de donner une visibilité collective. "Tout en nous rendant crédibles", précise Véronique Philippe-Gache. Cette mise en évidence se traduit par une forte fréquentation. "Pour une inauguration normale au Musée de Carouge", explique Philippe Lüscher, "j'ai normalement 150 personne. Avec Art7, je double la mise." "Tout dépend pourtant de l'ancrage local", précise Christine Ventouras. Une idée partagée par Isabelle Dunkel. "Certains noms connus à Genève aimantent le monde. Je suis arrivée à mille personnes pour Roger Pfund, qui a eu un atelier à Carouge. C'était presque trop."

Artistes emblématiques 

Les 15 et 16 mars, les curieux pourront donc découvrir le menu de l'édition 2014. "Toutes les présentation doivent être nouvelles", explique Isabelle Dunkel. Une chose qui n'est le cas aux Bains, où il se rencontre aussi des manifestations en cours, voire des queues de comète. "Nous avons bien sûr fait un effort spécial pour les dix ans", explique Véronique Philippe-Gache. "Beaucoup d'entre nous ont tenu à montrer un de ses artistes emblématiques." "Il ne s'agit donc pas d'un créateur inédit", complète Jörg Brockmann, "mais de quelqu'un montrant bien où se situe la ligne." 

C'est assez long comme ça. La suite demain. Chacun défendra son exposition... et donc sa ligne.

Pratique 

"Art7", Carouge, vernissages communs les 15 et 16 mars de 11h30 à 18h, site www.art7-carouge.com Photo (DR): Au premier plan, Annick Zufferey, Jörg Brockmann et Maya Guidi. Au second plan, Christine Ventouras, Marianne Brand. A l'arrière, Isabelle Dunkel, Véronique Philippe-Gache et Philippe Lüscher.

Prochaine chronique le vendredi 14 mars. Les expositions d'"Art7" décrites par leurs galeristes.

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