Christian Simm

FONDATEUR DE SWISSNEX SAN FRANCISCO

Fondateur et directeur de swissnex San Francisco, Christian Simm vit depuis 1997 en Californie. Avec son regard de physicien et sa passion pour le partage des savoirs, il décode les mutations scientifiques, technologiques et sociétales, en Amérique du Nord et en Suisse. Avec son équipe, il privilégie le croisement des genres, l’interdisciplinarité et la sérendipité - l’exploitation créative de l’inattendu – pour que swissnex soit un lieu neutre et accueillant pour l’expérimentation intellectuelle. Valorisant l’écosystème entrepreneurial unique de la Silicon Valley et la réelle créativité helvétique, il ”connect the dots” entre recherche, éducation, art et innovation. Suivez swissnex San Francisco aussi sur nextrends !

From HyperCreativity to HyperLoop

Il y a des gens comme cela. A l’âge de 12 ans, il vend pour $500 le jeu vidéo qu’il vient de programmer. A vingt-huit, il reçoit $22 million de Compaq pour sa compagnie Zip2. Il utilise une partie de cet argent pour lancer X.com, qui deviendra PayPal et sera intégré dans eBay.

Comme défi suivant, l’entrepreneur Elon Musk décide de réinventer la voiture électrique. En combinant les performances de plus en plus remarquables des batteries des ordinateurs portables, une gestion optimisée de l’électronique de puissance et un design racé, il crée le constructeur automobile Tesla dans la région de San Francisco, pourtant plus connue pour les circuits électroniques, les ordinateurs et les services sur Internet.

C’est à l’exploration spatiale qu’il s’attaque ensuite avec sa société SpaceX, qui devient la première société privée amarrant un vaisseau à la station orbitale internationale. Grâce à lui et d’autres entrepreneurs tels que Burt Rutan, Richard Branson ou Paul Allen, l’espace n’est soudainement plus le seul apanage d’organisations étatiques.

Et voilà qu’Elon Musk propose un ”cinquième mode de transport” comme alternative aux voitures, aux trains, aux avions et aux bateaux, baptisé HyperLoop. Il jette en tout cas un immense pavé dans la mare du projet pharaonique et très politisé d’un train à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco, le California High-Speed Rail. Il affirme en effet qu’au lieu de $68 milliards, son projet n’en coûterait que 6 à 8 et diviserait le temps de trajet par cinq.

HyperLoop a quelques ressemblances avec SwissMetro, développé en son temps à l’EPFL, et bénéfice clairement du savoir-faire des ingénieurs de Tesla et de SpaceX dans des domaines tels que l’aérodynamique et le stockage d’énergie électrique. Voilà ses caractéristiques principales, bien expliqués dans un ”white paper” public :

  • les passagers monteraient dans des capsules allongées (”pods”) à 28 places se déplaçant jusqu’à 1’200 km/h à l’intérieur d’un tube et se suivant à 2 minutes d’intervalle;
  • pour diminuer la résistance de l’air, un vide partiel correspondant à 1/1000ème d’atmosphère serait créé dans les tubes à l’aide de pompes à vide industrielles. La vitesse des capsules correspondrait alors à Mach 0.99;
  • cette résistance serait encore diminuée par l’ajout d’un compresseur à l’avant des capsules, qui aspirerait l’air, en éjecterait une partie à l’arrière pour la propulsion et utiliserait l’autre pour produire un coussin d’air autour des capsules. Il n’y aurait donc besoin ni de rails ou de roues, qui limitent la vitesse, ni d’une coûteuse sustentation magnétique;
  • comme l’électricité consommée par la capsule proviendrait de batteries embarquées, aucun système de transfert d’énergie vers les véhicules en déplacement ne serait nécessaire;
  • les tubes seraient posés sur des pylônes, bien moins coûteux à construire que des tunnels, en profitant le plus possible du terre-plein entre les pistes de l’autoroute I-5. L’impact environnement et les expropriations de terrain en seraient réduits
  • en choisissant un design approprié, il serait également possible de transporter des voitures.

HyperLoop se fera, ou ne se fera pas. Dans tous les cas et à deux égards au moins, c’est une parfaite illustration de l’esprit de la Silicon Valley. Tout d’abord, un entrepreneur ayant réussi dans les paiements électroniques peut parfaitement secouer, voire révolutionner des domaines complètement différents : ”why not” dirait-on ici. Quant au projet lui-même, il est ”open source”, puisque son descriptif se termine par cet appel : « Feedback is welcomed on these or any useful aspects of the Hyperloop design. E-mail feedback to hyperloop@spacex.com or hyperloop@teslamotors.com ». Tout un message...

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