Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Fraude fiscale: trois questions à se poser

Le 11 avril dernier, le quotidien « le Parisien » publiait une interview d’Hervé Falciani sous le titre « J’ai révélé la plus grande affaire d’évasion fiscale ». L’informaticien y racontait son quotidien « sous haute protection », après avoir divulgué au fisc français des fichiers confidentiels de son ancien employeur, la banque HSBC Suisse. L’article s’accompagnait d’un petit encart tiré du rapport d’information du député PS Christian Eckert, disponible sur Internet : « 2'932 c’est le nombre de Français titulaire d’un compte en Suisse chez HSBC… 5 milliards de dollars, c’est la somme totale présente sur les comptes des contribuables français de la liste (soit USD 1'705'321 par compte)».

Dans cette affaire, je me pose trois questions :

La première, pourquoi ne pas révéler les noms des voleurs, des violeurs, des criminels et fraudeurs aux assurances? Car l’affaire HSBC a pris assez rapidement une tournure « people » avec la divulgation de nom de nombreuses célébrités censées figurer sur cette liste, sans que cela ne gêne personne (à part ces personnalités). A l’instar du sénateur de Montesquiou qui a déposé plainte pour faux et usage de faux car il ne comprend pas comment son nom et d’autres sont arrivés sur cette liste. Ainsi, le fraudeur du fisc semble bénéficier d’un traitement particulier plus qu’aucun autre délinquant.

La seconde, lorsque l’on sait que la liste de noms a été transmise à d’autres gouvernements, quand est-ce que l’on vole et quand est-ce que l’on recèle ?

La dernière, comment peut-on utiliser ces listes comme preuve alors que des doutes pèsent sur l’authenticité même de ces documents ? En janvier 2014, Le Point.fr publiait en effet que les listings volés par l’informaticien Hervé Falciani avaient été falsifiés par les autorités françaises avant d'être rendus à Berne. Dans ses conclusions, la police judiciaire helvétique écrivait que "le fait que leur contenu ait été modifié est une manipulation volontaire dont le mobile nous échappe". S’en est suivi une récusation de la part du ministre français du budget. Alors qui ment ? Tiendrait-on le prochain scénario d’un blockbuster?

Mais est-ce là les bonnes questions ? Ne serait-elle pas tout simplement : pourquoi les Français fraudent-ils?

Je préfère parler d’évadés plutôt que fraudeurs car lorsqu'on est prisonnier d’un tel système qui ne cesse de changer, parfois de manière rétroactive, on cherche forcément à s’évader.

Bonnes vacances, messieurs les banquiers, et surtout n'oubliez pas que les gouvernements ne vous oublieront pas!

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