Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

France: un débat grotesque

Quelle pantalonnade! Le débat opposant jeudi soir sur TF1 les concurrents de la primaire de la droite et du centre a viré au grotesque, notamment sur les questions économiques. Parmi les sept personnalités qui visent la présidence de la République française en 2017, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Jean-François Copé ont juré qu’ils procéderaient à des réformes d’envergure pour relancer la compétitivité et la croissance de la France s’ils étaient élus au sommet de l’Etat. Or, l’un a déjà accédé à l’Elysée, les deux autres à l’Hôtel Matignon et le dernier a tenu le budget du pays.

On peine donc à croire une nouvelle fois en leurs promesses. Les 35 heures, l’impôt de solidarité sur la fortune et les régimes spéciaux de retraite n’ont pas été abolis, les impôts ont augmenté sous l’ère Sarkozy-Fillon, le déficit budgétaire n’a jamais été résorbé – pire la France accumule les pertes depuis…1974, le train de vie de l’Etat a continuellement progressé, la fracture sociale s’accroît, l’éducation forme des chômeurs, les jeunes ne parviennent pas à entrer sur le marché de l’emploi.

Editorialiste au quotidien économique Les Echos, Eric Le Boucher a de forts doutes sur la capacité des candidats à tenir leurs promesses une fois au pouvoir. «Alors que les mini-réformes de François Hollande ont galvanisé les syndicats conservateurs et mis des centaines de milliers de personnes dans les rues, alors que la gauche va vouloir se reconstruire dans la lutte pour la «défense du modèle social», que va-t-il se passer avec les maxi-réformes annoncées?», s’interroge-t-il.

Les enjeux sont pourtant importants. Avec l’Allemagne, la France est un pilier de l’Union européenne. Or, elle ne parvient pas à relancer la croissance et à réduire le chômage. A côté de start-up dynamiques surfant sur la nouvelles économie, une partie importante des entreprises reste prisonnières du passé. Elles comptent davantage sur la réduction des charges sociales que sur leurs propres compétences pour battre leurs concurrents. De son côté, la population semble résignée après plusieurs décennies de promesses non tenues et de combats avortés. Elle porte aussi une part de responsabilité dans la déchéance du pays en clouant rapidement ses dirigeants au pilori et en descendant dans la rue pour s’opposer aux changements avec des syndicats dont le seul objectif est de casser toute réforme.

«Le problème de la France, c’est les politiciens, mais c'est aussi les Français», affirmait un jour sur le plateau d’une chaîne de télévision l’éditorialiste et écrivain Franz-Olivier Giesbert. Il n’a probablement pas tort.

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