Dumonal Fred

ENTREPRENEUR ET ENSEIGNANT

Après plusieurs années en tant que responsable du marketing et de la communication internationale, dans les domaines du sport, puis du luxe, Fred Dumonal crée Les intellos en 2010, une structure spécialisée dans le Brand Content. Il accompagne des entreprises suisses et internationales, dans le conseil et le développement de stratégies de contenu digitales. Parallèlement, il est formateur pour l'Etat de Genève (DIP) où il forme les digital natives sur la création de dispositifs numériques. Dans le cadre de la recherche et du développement de compétences numériques, il est directeur de la Formation Continue et chargé de cours en Bachelors et Masters au sein de l’école CREA groupe INSEEC. Passionné par l’innovation et la transformation digitale, il analyse et envisage le monde numérique de demain.

Pourquoi "Black Mirror" est une série incontournable

Black Mirror, série de forme anthologique britannique, connaît un succès international depuis sa diffusion sur Netflix. Son scénario dystopique met en exergue l’omniprésence des écrans dans notre société, de la data et de l'hyper connection, certainement pas pour le meilleur mais plutôt pour le pire. Treize épisodes haletants qui dépeignent une vision du futur dramatiquement triste où le quotidien devient souvent kafkaïen.

Il est indiscutable que Black Mirror ne fait pas rire, ni même sourire. La série écrite par Charlie Brooker a plutôt pour vocation le malaise, voire le malheur. Et ça fonctionne. Treize épisodes dont les premiers ont été diffusés sur Channel 4 de 2011 à 2014. Désormais sur Netflix, Black Mirror connaît un succès grandissant et une audience internationale. La particularité de cette fiction ? Pas de héros permanent ou d’histoire sur toute une saison, mais un personnage récurrent: l’écran. Le “Black Mirror”, cet écran noir que sont nos smartphones, nos laptops et nos téléviseurs lorsqu’ils sont éteints. Le problème est que ça n’arrive quasiment jamais. «Si la technologie est une drogue, alors quels en sont les effets secondaires?» se demande l’auteur, Charlie Broocker. C’est bien de cela dont il est question dans ces trois saisons.

L’écran, l’égo maudit de l’homme du futur

Je pense, donc je tweete. Omniprésent dans nos vies, l’écran est le filtre de la relation sociale, du divertissement, de la connaissance ou encore de l’information. À travers les différents épisodes de la série, l’écran devient surtout un outil de contrôle et de pression, voire même de torture. Il sert à capter l’attention (le fameux temps de cerveau disponible), à montrer le réel pour permettre ensuite de le fuir, à manipuler les esprits qui prennent parfois le tout à l’écran pour vérité. Pour ses épisodes, Black Mirror n’a qu’à s’inspirer du réel. Sur Facebook Live ou Périscope, les images se succèdent aujourd’hui et se ressemblent, tour à tour suicide en direct, scènes de guerre, ou bagarre de rue.

Data mind

Dans les épisodes de Black Mirror, il est souvent question de la Data, ce nouvel eldorado des géants du web. Les GAFAs détiennent déjà 80% des données mondiales, et c’est encore plus surprenant lorsque l’on sait que 90% des données ont été générées ces deux dernières années. La Data est partout, enregistrée, mesurée, analysée. Dans le futur dystopique de Black Mirror, les données servent à découvrir l’adultère de sa femme, l’opinion des autres sur vous ou encore la meilleure façon de ne jamais mourir en étant remplacé par un clone. Cette dernière option est déjà quasiment une réalité.

Dans sa logique pessimiste, la série ne laisse pas de place à la Data qui sauve des vies, celle qui permet une médecine prédictive et préventive. Elle existe pourtant, et laisse entrevoir de belles perspectives pour la santé de l’humanité.

Orange Mecanique is the new Black (Mirror)

Black Mirror dépeint une société numérique cauchemardesque et vide de tout espoir. Le choix d’un traitement dystopique est un parti pris, et Charlie Brooker cherche sans doute à nous convaincre d’une certaine conception de l’enfer. Après analyse, on constate pourtant que le fil conducteur de cette série reste l’humain, qui persiste entre deux cauchemars technologiques. Il est question, quasiment à chaque épisode, de sentiments et d’humanité.

On peut alors se demander si le Black Mirror n’est pas le miroir “dark” de l’âme. Une technologie et une innovation exponentielles ne seraient-elles donc pas un problème ? Il semble que dans le futur selon Broocker, le bénéfice du progrès dépend de l’humanité qu’on lui consacre.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."