Dumonal Fred

ENTREPRENEUR ET ENSEIGNANT

Après plusieurs années en tant que responsable du marketing et de la communication internationale, dans les domaines du sport, puis du luxe, Fred Dumonal crée Les intellos en 2010, une structure spécialisée dans le Brand Content. Il accompagne des entreprises suisses et internationales, dans le conseil et le développement de stratégies de contenu digitales. Parallèlement, il est formateur pour l'Etat de Genève (DIP) où il forme les digital natives sur la création de dispositifs numériques. Dans le cadre de la recherche et du développement de compétences numériques, il est directeur de la Formation Continue et chargé de cours en Bachelors et Masters au sein de l’école CREA groupe INSEEC. Passionné par l’innovation et la transformation digitale, il analyse et envisage le monde numérique de demain.

J’ai revu WarGames. Un film artificiellement intelligent?

Les USA. Matthew Broderick. Le sourire d’Ally Sheedy. Le téléphone Modem. 1983. Mes souvenirs cinématographiques post-pattes d’éléphant refont surface. Ce teen movie, même s’il a pris quelques rides, est devenu sacrément d’actualité. La raison? L’histoire d’un super ordinateur de la défense américaine, doté d’une intelligence artificielle, qui décide tout à coup de n’en faire qu’à sa tête (qu’il n’a pas). Voir un film dystopique qui parle d’Intelligence artificielle sur Internet, ça ressemble à une mise en abyme en Javascript.

Dans le film, le “Super Ordinateur” en charge de la gestion des forces armées américaines s’appelait donc WOPR (prononcez Whopper. Oui, comme le burger éponyme). Par l’intermédiaire de son Modem et de son téléphone fixe à cadran, le jeune héros incarné par Matthew Broderick va entamer une partie de “guerre thermonucléaire globale” avec le WOPR. Manque de chance, ce dernier se met à confondre la réalité avec le jeu. Le WOPR joue pour les Etats-Unis, le jeune Matthew ayant choisi l’URSS. Et 1983, c’est toujours un peu la guerre froide.

L’intelligence artificielle, bêtise humaine ?

Ce que WarGames ne dit pas, entre deux effets de style hollywoodiens et les sourires d’Ally Sheedy, c’est ce qu’on entend par Intelligence artificielle. Si l’on se tourne vers le Larousse, on peut lire: “Ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine”. On attribue l’origine de l’intelligence artificielle à un article d’Alan Turing, paru dans les années 50: «Computing Machinery and Intelligence» (Mind, octobre 1950). Il propose, à travers cet article, un test (le test de Turing) permettant de qualifier une machine de “consciente”. Par la suite, les recherches sur l’intelligence artificielle seront développées à l’Université de Stanford et au MIT, sous l’impulsion entre autres de John McCarthy (créateur du terme “Intelligence Artificielle”) et de Marvin Minsky. Ce qui, aujourd’hui, distingue l’homme de la machine intelligente, c’est la conscience. Le premier en a une, la seconde en est dépourvue. 

Le WOPR n’est pas un burger, c’est une arme

L’intelligence artificielle est ce que l’homme en fait. Dernièrement, des personnalités aussi différentes que Elon Musk, Noam Chomsky, Stephen Hawking ou encore Steve Wozniak  ont signé un appel pour interdire les armes autonomes. Car si l’IA est développée dans de nombreux domaines, les puissances militaires voient son potentiel dans l’armement. L’utilisation des armes autonomes et intelligentes serait la 3ème révolution de l’armement, après la poudre à canon et le nucléaire. Dans WarGames, la situation était moins anxiogène (et surtout moins réelle et immédiate).

Science sans conscience

La conscience peut être un rempart à la guerre, mais l’Intelligence artificielle (ou le WOPR) en possède-t-elle une ? Pour le philosophe John Searle, l’homme est doté d’un dispositif cognitif qui “donne du sens”. L’ordinateur (ou la machine) n’a pas de conscience. Un ordinateur peut compiler, traiter, manipuler les symboles, mais il ne peut pas les comprendre. Il est capable de raisonnement, mais pas de sémantique. En d’autres termes, si un ordinateur rit de vos plaisanteries, ce n’est pas normal. Si un ordinateur ri tout court, ce n’est pas normal non plus. Face à ce constat sans appel, des scientifiques ayant une toute autre opinion travaillent sur des modélisations si proches du fonctionnement humain qu’elles pourraient bien en reproduire un jour les caractéristiques les plus complexes.

C’est qui le plus fort ?

Bien pire que tout, viendra le jour ou l’intelligence artificielle prendra le dessus sur l’intelligence humaine. Est-ce possible ? Peut-être grâce au transhumanisme qui prône l’usage de la science et de la technique pour constamment améliorer l’être humain. Lorsque le meilleur de l’homme et de la machine auront fusionné, nous pourrons en reparler. En attendant, je me dis qu’en plus de WarGames, John Badham a réalisé un autre drame: La Fièvre du Samedi Soir. Je vais le revoir, même un lundi.

 

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