Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

FOIRE/"Design Miami Basel" montre le plus cher des années 1950-2018

Crédits: Design Miami Basel

Il y a les PAD, dont l'un s'est installé à ArtGenève. Il existe aussi en plus chic, et surtout en plus cher, Design Miami Basel Design. Qu'on y présente ou non ici du design devient sans importance. Les pièces uniques ne font à mon avis pas partie du concept initial. Le design doit normalement se diffuser. Mais il s'agit d'un mot porteur. Il suggère la modernité, et qui plus est une modernité bien pensée. 

Design Miami Basel se tient donc une nouvelle fois à Bâle ce printemps. Il s'agit d'une foire indépendante d'Art/Basel. Elle regroupe cette année 47 galeries internationales (il n'y en a en fait aucune suisse!), quatre «satellites» et dix «curio». Autant dire que la manifestation tient autant à acquérir le volume lui manquant qu'à se diversifier. Il faut dire qu'elle ressemble un peu trop à la Rive Gauche en tournée, comme en faisaient jadis les théâtres parisiens à travers la province. Il y a ainsi le «gang» présentant sempiternellement les mêmes meubles de Charlotte Perriand ou de Jean Prouvé. Le goût des plus riches ne va pas forcément vers l'originalité.

Meubles soviétiques 

Jousse, Pascal Cuisinier, Maria Wettergren, Kreo, Patrick Seguin ou Matthieu Richard sont bien sûr toujours là, Mitterrand présentant même un stand entier de ces Lalanne faisant comme on le sait des prix fous en vente publique. Jacques Lacoste se distingue par son originalité. L'homme reste fidèle à un créateur comme Jean Royère. Il montre même cette année un mobilier recouvert de tapisseries de Jean Lurçat des années 1920. Autant dire qu'il s'adresse à un public cultivé, alors que nombre de ses confrères donnent dans le tapageur. Notez qu'on retrouve avec plaisir Heritage de Moscou. Fondée en 2006, cette maison propose un design soviétique de luxe des années 1920 et 1930 qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. 

Autrement, il y a du verre de Venise chez le Belge Marc Heiremans. Difficile pour lui de montrer des objets de trente centimètres de haut sous dix mètres de plafond. Mais le bijou contemporain représenté par Ornamentum/Hudson, Antonella Villanova ou Siegelson éprouve encore plus de mal. Il est plus aisé pour Calvin Klein (qui figure dans les «curio», comme la fondation pour les espèces en danger de Leonardo di Caprio) de montrer des sièges de Gaetano Pesce. Un Italien dont je viens de vous parler. Ils sont énormes!

Des égarés 

Comme toujours, il se trouve ici un ou deux égarés. J'ai même demandé aux Chenel, spécialiste parisien de l'art antique, s'il ne s'était pas trompé de foire. Eh bien non! Venue pour la première fois, la maison tâte le terrain. De nos jours, on ne sait jamais. Il leur manque juste l'océan de prétentions sévissant ici chez nombre de leurs collègues. On a vraiment l'impression que certains d'entre eux ont inventé la chaise pour s'asseoir... ou plutôt pour ne pas s'asseoir.

Pratique

Design Miami Basel, Messe, Bâle, jusqu'au 17 juin. Site www.designmiami.com Entrée par l'extérieur ou par Art Unlimited. Ouvert ce mercredi jusqu'à 20h. Jeudi et vendredi 10h à 19h. Samedi et dimanche de 11h à 19h.

Photo (Design Miami Basel): A Bâle, on se veut années 1950-2018.

Texte intercalaire.

 

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