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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Ferrari 246 GTS Dino - Hommage mélodieux au fils disparu

L’histoire de l’automobile s’est écrite dans les larmes et la douleur. Les courses remportent naturellement le palmarès, avec leur lot de disparitions tragiques. La trajectoire d’Alfredo - dit Alfredino - Ferrari, fils du célèbre Commendatore, fut brève pour d’autres raisons (disparition à 24 ans pour cause de maladie). La trace qu’il laissa s’incarne dans un célèbre moteur (il était ingénieur), celui qui équipa de nombreuses voitures de course - dont la Ferrari championne du monde en 1961 - mais également celle qui allait devenir la «Dino».

Ferrari dite «du pauvre» à ses débuts, la Dino s’est bien rattrapée depuis, sa cote ayant quasiment triplé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. C’est qu’elle n’est pas avare en qualités: moteur fabuleux, dont la sonorité transporte littéralement (sans mauvais jeu de mots), et excellent équilibre dû à la position centrale du moteur notamment. Un cocktail distillant un plaisir de conduite supérieur à de nombreuses Ferrari de l’époque, plus performantes dans l’absolu mais bien moins communicatives, et qui explique en partie son tarif actuel.

L’exemplaire essayé - l’un des 1274 construits entre 1972 et 1974 - revêt une robe jaune du meilleur effet. Vendue neuve en Allemagne, elle a rejoint la Suisse en 1999. Si la nomenclature de l’époque se voulait éclairante (246 pour 2,4 litres et 6 cylindres, GTS pour Grand Tourisme Spyder, le toit étant amovible), elle ne renseigne pas sur les sensations de conduite: moteur!

Position de conduite très basse et allongée, pédalier fortement décalé sur le droite, une batterie de cadrans témoignant de la bonne santé de la mécanique. Le pare-brise incliné découvre l’horizon encadré par le galbe généreux des deux ailes avant. La clé tournée, la mélodieuse mécanique démarre au quart de tour. Impossible d’imaginer qu’elle ne développe «que» 195 CV, tant elle s’avère disponible, et ceci quel que soit le régime.

La boîte de vitesses inversée, dont le levier émerge de la célébrissime grille chère au cavalino rampante, concourt elle aussi à l’agrément de l’ensemble. Seul regret à ce niveau: le synchro de deuxième, faiblesse endémique sur ce modèle, est à la peine.

Au final, voilà une superbe voiture, vive et très attachante, dont il ne faudrait parler qu’à de véritables amateurs. Son plus grand défaut en effet? Plaire exagérément aux spéculateurs de tout poil...

Voiture mise gracieusement à disposition par www.carugati.ch

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