<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Femmes: 3 facteurs positifs

Comment se portent les femmes professionnellement en Suisse? Mal. Sur le terrain de l’égalité salariale tout d’abord, la situation s’aggrave. Entre 2010 et 2012, l’écart de revenu entre hommes et femmes a augmenté de 0,5% pour se situer désormais à 18,9%.

Pire, plus le niveau hiérarchique est élevé et plus le fossé grandit avec des écarts de salaire de 25% chez les cadres femmes par rapport aux hommes. Le taux d’administratrices a, lui, doublé ces six dernières années passant de 5,9 à 11,8%, mais ce chiffre reste au-dessous de ceux qu’on trouve dans des pays aussi différents que la Suède, la France ou la Pologne.

Trois éléments peuvent changer la situation. Tout d’abord, la discrimination positive semble incontournable. Un quota de 30% de femmes au sein des conseils d’administration des entreprises publiques a été fixé comme objectif pour 2020. Pas la panacée, mais quand un problème ne se résorbe pas de lui-même, il faut agir. Ou décider que ce n’est pas un problème. Ce qui nous amène au deuxième facteur de changement.

Les principales organisations du pays – y compris les médias – ont majoritairement exprimé leur désir de voir les inégalités hommes-femmes se réduire. Sans que cela n’ait aucune influence décisive. Le fond de l’affaire reste que les mentalités ont peu évolué. Un ministre de la Défense peut comparer sa femme à un ustensile de cuisine et cela ne fait qu’agiter les médias deux jours, pas plus.

Les pressions sociale, politique et culturelle ne sont pas suffisamment fortes pour – par exemple - obliger le conseiller fédéral à présenter des excuses publiques. Nous avons toujours un problème d’éducation sur ce thème: la Suisse, pionnière sur de nombreux points,  reste rétrograde au sujet de l’égalité hommes-femmes.

Ce qui nous amène au troisième facteur de changement. La vague de l’entrepreneuriat peut aider les femmes à dépasser les règles du jeu actuelles. De plus en plus de Suisses désirent monter leur boîte par désintérêt pour les carrières dans des grandes entreprises. Ce désir s’exprime dès l’Uni et aussi chez les jeunes femmes.

Aujourd’hui, créer son job n’a jamais été aussi facile grâce au web qui permet de trouver des investisseurs, des clients et de vendre ses produits ou services. Et il n’y a pas de plafond de verre dans un garage de start-uppeuse ou dans la chambre de celle qui se lance en indépendante.

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