Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

FATCA, le cauchemar des Américains à l'étranger

Christina Warren, vous connaissez ? Probablement pas. Cette ex-Américano-Suisse explique dans un article pourquoi elle a renoncé en 2014 à sa nationalité américaine, comme beaucoup d’autres d’ailleurs et certainement encore plus à venir.

La coupable ? FATCA, une loi américaine qui exige non seulement que toutes les institutions financières étrangères rapportent (personnellement, j’appelle cela une dénonciation) tous les comptes détenus par des Américains, peu importe le domicile, au gouvernement US, mais également que ces derniers vivants à l’étranger en fassent de même.

En résumé, un citoyen américain vivant en Suisse depuis 40 ans verra les informations concernant son compte transmis au « Departement of the Treasury Financial Crimes Enforcement Network ». Cette transmission de données concerne aussi les personnes qui détiendraient un compte joint avec un Américain. Il faut savoir que les Américains à l’étranger sont pour la plupart imposés à double, sous déduction forfaitaire annuelle de USD 106'000, et ce depuis la guerre de Sécession. 

FATCA, une loi qui aurait pu faire du sens avec l’échange automatique d’informations. Or, les Américains considèrent que la réciproque n’est pas valable. En effet, un étranger détenant un compte enregistré sous une société du Delaware bénéficiera du secret bancaire… De facto, les USA sont le nouvel Eldorado des fraudeurs. Le comble.

Mais revenons à FATCA, la cause de tellement de problèmes pour ces Américains vivant à l’étranger. Les banques hésitent, pour ne pas dire, refusent les citoyens US comme client car les accepter requiert des exigences comptables spécifiques qui engendrent des coûts considérables pour de nombreux établissements bancaires. Dès lors, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Sans parler de l’épée de Damoclès qui plane en permanence au-dessus de toute société faisant des affaires de près ou loin avec les USA: le fameux Department of Justice. Ce dernier inflige à tour de bras des amendes se chiffrant en milliards de dollars que les sociétés paient afin d’éviter un long et coûteux procès à l’issue incertaine. 

Malgré cela, le gouvernement américain ne comprend pas, ou ne veut pas comprendre, ce que ses concitoyens vivent. La réponse du sénateur Elisabeth Warren qui clame que le Trésor américain pourrait gagner plus de 100 milliards de dollars en recettes fiscales chaque année, grâce à FATCA, sans se soucier du reste, est révélatrice. D’un autre côté, on découvre que l’Union Européenne a des velléités semblables aux américaines, avec la chasse aux milliards des multinationales américaines en Irlande. Mais ceci est une autre saga.

Pour le gouvernement américain, c’est un double whammy. Ces ex-Américains ne contribueront définitivement plus à l’effort de guerre. De plus, cette situation aura des répercussions politiques puisque beaucoup votaient lors des élections présidentielles, et le plus souvent, pour le candidat le plus «ouvert» sur l’étranger. Le gouvernement démocrate américain s’est coupé d’une part de son électorat. Il reste à espérer que cela ne fasse pas pencher la balance… I had a dream !

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