Oscar Bartolomei5

DIRECTEUR FAMILY OFFICE

Oscar Bartolomei a développé l'essentiel de sa carrière en tant que gestionnaire de fortune international à Genève. Quadrilingue, Il a travaillé pour des établissements bancaires de premier plan: Crédit Suisse, ABN Amro et Lloyds Private Banking où il était responsable Amérique Latine pour la gestion privée. Fort de cette expérience, Oscar a très vite acquis la conviction que seules les structures du type Family Office étaient à même d'offrir un service à la fois global et sur mesure à une clientèle haut de gamme. Spécialisé dans la constitution et le développement de telles structures, Oscar a ouvert un premier Family Office à Genève en 2007. Il est aujourd'hui responsable du développement d'un Family Office à Genève, expert SAQ (Swiss Association for Quality) en Certifications Conseiller Clientèle en Gestion de Fortune.

Family office et sport professionnel: partenariat gagnant

Selon le dernier classement Forbes, les 100 sportifs les mieux payés au monde en 2015 se répartissent parmi les sports suivants : 27% de joueurs de baseball, 18% de basketteurs,16% de footballeurs américains, 15% de footballeurs, 7% de tennismen, 6% de pilotes automobile, 6% de golfeurs, 3% de boxeurs, 1% joueur de Cricket, 1%  athlétisme. Le sportif le mieux payé au monde en 2015 est Floyd Mayweather, boxe, avec un salaire annuel de 300 millions de dollar. Parmi les stars du football mondial, les mieux payées sont évidemment Cristiano Ronaldo, troisième sportif le mieux payé avec 79,6 millions de dollars, suivi de près par son meilleur ennemi, Lionel Messi, numéro 4 avec 73,8 millions de dollars. Qui retrouvons-nous à la place de numéro 5 ? L’éternel Monsieur Elégance du tennis mondial, Roger Federer avec 67 millions de dollars amassés en 2015. Dans ce classement, citons encore le basketteur Lebron James, numéro 6 avec 64,8 millions de dollars et le golfeur Tiger Woods, numéro 9 avec 50,6 millions de dollars. Le pilote de formule un le mieux payé  arrive en 15ème position, Lewis Hamilton avec 39 millions de dollars.

Si tous ces chiffres donnent le vertige, ils peinent à masquer une réalité parfois cruelle: bon nombre de ces sportifs très bien payés finissent ruinés, après avoir pourtant parfois amassé des dizaines de millions durant leur carrière. «Divorces,  affaires de dopage, démêlées avec la justice, investissements douteux, escroqueries, proches mal intentionnés... Ils sont passés en quelques années de la gloire à la déchéance la plus totale. Soixante pour cent des anciens basketteurs évoluant en NBA se retrouvent sur la paille dans les cinq premières années de leur retraite; Michael Jordan a totalement dilapidé les 120 millions de dollars qu'il a amassés au cours de sa carrière» (Boursorama, 2014).

Mauvaise gestion de carrière, entourage défaillant, reconversion désastreuse : ce sont là des thématiques qui, pour être traitées, nécessitent une structure dont le métier est précisément de s’occuper des problèmes d’aujourd’hui pour éviter les problèmes de demain : le family office.

La clientèle traditionnelle d’un family office et, celle plus spécifique des sportifs professionnels, ont exactement les mêmes besoins: la mise en place,  par une équipe de professionnels  de confiance et uniquement au service de ses clients, d’une stratégie patrimoniale globale  claire et définie. Que ce soit dans les domaines du droit, de la fiscalité, de la banque, de l’immobilier, de l’assurance, de la prévoyance et de la succession, le sportif professionnel est un client dont les thématiques particulières nécessitent un traitement extrêmement pointu, loin, très loin,  de tout amateurisme. S’entraînant plusieurs heures par jour, voyageant beaucoup, souvent très jeune, sans formation particulière, le sportif professionnel doit très tôt pouvoir s’entourer de personnes dont le métier est de lui permettre d’exercer son travail le plus sereinement possible. Le rôle du family office à son égard est double: gérer sa carrière de sportif professionnel et préparer sa reconversion.

La gestion de la carrière d’un sportif professionnel, du point de vue d’un family office, est clairement délimitée: à aucun moment son rôle n’est de se substituer au rôle d’agent du sportif. On touche là un sujet délicat, l’agent du sportif ne devant pas considérer le family office comme un rival potentiel, qui pourrait lui «enlever» son poulain, mais bien comme un partenaire. Un partenaire qui s’occupera de tous les à côtés de sa relation avec le sportif, sans toucher au substrat, la relation elle-même. Le family office s’occupera par exemple de contrôler tous les contrats: publicité, intégration dans une équipe pour un footballeur ou un basketteur. Mais il n’interfèrera jamais dans la négociation de ces contrats, travail de l’agent. Au contraire, le fait que le family office s’occupe de toute la partie administrative de la carrière du sportif permettra à l’agent de se concentrer exclusivement sur son protégé. Le family office consolidera les avoirs bancaires du sportif, en surveillant les divers investissements. Il vérifiera que celui-ci soit bien assuré en cas grave de blessure: on ne compte plus les sportifs mal assurés, ruinés suite à une blessure qui a mis fin à leur carrière. Il veillera à ce que le paiement des impôts se fasse en temps et en heure, le nombre de sportifs rattrapés par leurs «oublis» à l’égard du fisc étant légion. De manière générale, le family office conseillera son client sportif durant toute sa carrière pour lui éviter tout investissement hasardeux, voire douteux. L’entourage d’un sportif renommé étant, il est vrai, parfois un obstacle en la matière: trop de sportifs ont ici encore fini ruinés, ayant investi dans telle et telle promesse mirobolante d’un pseudo-ami.

La préparation de la future reconversion du sportif est un travail très important pour un family office. Les carrières, même si elles sont lucratives, sont courtes. Et les sommes gagnées sont très vite dépensées. La relation de confiance entre le sportif et son family office est vitale: comment expliquer à un tennisman de 20 ans, qui gagne plusieurs millions par an, qu’il n’a pas besoin de s’acheter une nouvelle voiture de sport tous les trois mois? Que le jour où il se mariera, un contrat en séparation de biens s’avèrera peut-être utile? L’objectif du family office est de garantir au sportif un niveau de vie équivalent à celui qu’il avait durant sa carrière. Les modus operandi  pour y parvenir sont classiques: investissements à long terme sur de l’immobilier de rendement, avoirs bancaires avec une stratégie en partie revenu, private equity. Liste non-exhaustive bien sûr. On contrôlera, par exemple, que le renouvellement des derniers contrats publicitaires, pour les sportifs les plus en vue, soient négociés pendant sa carrière avec une échéance plusieurs années après la fin de sa carrière. L’objectif de cette stratégie de reconversion vise donc à maximiser les revenus du patrimoine générés tout au long de la carrière, sans devoir l’amputer. C’est un travail de fond qui, pour se révéler efficace, doit commencer au début de la carrière du sportif.

Bjorn Borg, Mike Tyson, Dennis Rodman, Paul Gascoigne… Autant d’athlètes exceptionnels. A leur époque, au firmament de leur sport respectif… Et aujourd’hui complètement ruinés. Je me plais à penser que, si à un moment de leur vie, ils avaient eu accès à un family office, ces sportifs de légende auraient de nos jours une vie bien différente. Statistiquement, deux footballeurs professionnels sur trois en Europe finiront ruinés. Le family office, de par sa structure et de par son expérience des thématiques touchant les sportifs professionnels, est à même de conseiller le sportif durant toute sa carrière et de poser les jalons nécessaires à une reconversion réussie.

Quand on sait qu’aujourd’hui un club de football est prêt à payer 80 millions d’euros pour s’attacher les services d’un footballeur de 19 ans, de surcroit totalement inexpérimenté, je me dis que le rôle du family office dans le domaine du sport professionnel ne peut aller qu’en grandissant.

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