Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

FAILLITE/Le musée de Detroit est sauvé

L'affaire avait fait grand bruit cette année, du moins dans les milieux de l'art. Le Detroit Institute of Art, l'un des rares grands musées municipaux américains municipaux, était menacé de ventes accélérées. On sait que l'ex-capitale américaine de l'automobile est aujourd'hui en faillite. De belles photos montrent d'ailleurs les anciennes usines et les vieux cinémas en ruines, comme s'il s'agissait de Pompéi ou du Machu Picchu. 

S'il est courant que les musées américain vendent (en général mal) des œuvres qu'il estiment peu intéressantes ou tout simplement démodées, l'affaire allait ici bien plus loin. Il s'agissait de trouver un maximum d'argent en mettant aux enchères Van Gogh, Bruegel l'Ancien ou Poussin. Le marché de la peinture ancienne aurait trouvé là son oxygène. On sait qu'il souffre depuis les années 1970-1980 d'un grave manque de chefs-d’œuvre à même de faire tourner la machine et de relancer du même coup l'art classique, aujourd'hui en nette perte de vitesse.

800 millions de dollars réunis

Eh bien, le musée est aujourd'hui sauvé! Il a fallu pour y parvenir lancer un énorme "crow funding". Tout ce qui avait de l'argent (privés, fondations charitables, Etat du Michigan..) a été sollicité. Avec succès. Ce ne sont pas moins de 800 million de dollars qui ont été réunis. Cette somme a permis de racheter les tableaux menacés, qui se voient désormais confiés à un trust. Celui-ci, comme il est courant aux USA, gérera désormais le Detroit Institute of Art. Autant dire que ce dernier se retrouve en quelque sorte privatisé. La chose laisse songeur. On étatisait jadis pour garantir à une institution une certaine pérennité...

Photo: "La noces de village" de Bruegel l'Ancien ne connaîtra pas le feu des enchères.

Texte intercalaire. Il accompagne parfaitement (mais c'est un hasard) celui sur "Paris-Tableau", situé juste un cran plus haut.

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