Facebook, un tremplin émotionnel

Réfugiés La crise tragique créée par l’afflux de réfugiés syriens vers l’Europe met en lumière le rôle joué par les réseaux sociaux dans les mouvements citoyens. En Allemagne, en France et ailleurs, c’est ce relais qu’ont utilisé les habitants désirant aider les émigrés. Plus besoin d’intermédiaire pour faire passer un message. Chacun a lui-même accès à la sphère publique. C’est la viralité de l’appel qui va déterminer son succès et non plus les moyens financiers mis à disposition pour communiquer. A une condition toutefois, celle de l’émotion.

Partout en Europe, des particuliers submergés par la compassion s’organisent pour aider les migrants. La mobilisation déborde le cadre institutionnel. On a vu, en Islande, l’appel sur Facebook de l’écrivaine et professeure Bryndis Björgvinsdottir en faveur des réfugiés recueillir en quelques heures le soutien de 14 000 utilisateurs. L’ampleur des réactions a conduit les autorités à revoir à la hausse les capacités d’accueil du pays.

Le drame des réfugiés syriens suscite une émotion très vive dans le public. Celle-ci a culminé avec la photo du petit Aylan, noyé en tentant de rejoindre la Grèce. Or toutes les tragédies ne suscitent pas la même réponse des réseaux. Ainsi, les naufrages au large de l’Italie de migrants venus d’Afrique se succèdent depuis des mois dans l’indifférence. La souffrance de familles semble plus insoutenable que celle de jeunes hommes seuls, pourtant tout aussi désespérés. Pour que naisse une prise de conscience collective, il manque à ce désastre-là les photos qui prennent aux tripes.  

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