Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Facebook chouchoute ses employés

Pendant une semaine, dix étudiants romands sont partis à la découverte de la Silicon Valley. Sélectionnés par la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), ces startupers en herbe multiplient les rencontres, visites, ateliers, conférences, discussions et pitchs avec des entrepreneurs de la «Valley».

Si les jeunes suisses sont encore étudiants et fréquentent les campus des établissements les plus réputés du canton de Vaud (HEL, EPFL, HEC et UNIL), ils seront amenés tôt ou tard à quitter cet environnement détendu et familier pour l'univers plus sérieux et strict d'une entreprise. Du moins certains le croient-ils. Mais il y a fort à parier que leur visite du campus Facebook à Menlo Park aura changé cette vision d'un monde du travail contraignant et sérieux.

Des ateliers industriels à l'ambiance Disneyland

Sur 20'000m2 de l'ancien site industriel de Sun Microsystems, Facebook a aménagé son campus depuis 2011, après son départ de Palo Alto. Et tout est fait ici pour que les collaborateurs du plus grand réseau social en ligne au monde se retrouvent dans des conditions optimales pour travailler.

Site industriel à l'origine, les bâtiments ont été réaménagés en moins de 18 mois pour donner naissance à une véritable petite ville. Mais une ville bien particulière, où tout est (trop) propre, (trop) confortable, (trop) bien aménagé et conçu. Pour les étudiants suisses, plus qu'un campus universitaire, les 7000 employés de Mark Zuckerberg qui travaillent ici évoluent presque davantage dans un univers de parc d'attraction que dans une ville.

Mais les collaborateurs sont ici encore plus dorlotés et chouchoutés qu'à Disneyland. Où prendre son lunch? Le campus dispose d'une dizaine de restaurants et cantines avec des ambiances très différentes, du tex-mex aux sushis en passant par des bars à salade. Sans oublier les petites douceurs du dessert, entre yogourt glacé et cookies de la région. Et tout ceci est gratuit: les employés n'ouvrent pas leur portefeuille pour se sustenter.

Même gratuité pour la salle de fitness, les soins médicaux, et de nombreux autres avantages. Et le tout dans une atmosphère presque exempte de logos Facebook. «Quand on navigue sur le site web, on ne voit pas constamment notre logo. Pourquoi imposer à nos collaborateurs ces images que nous n'imposons pas à nos abonnés?», répond presque candidement une porte-parole de l'entreprise. Au final, les logos sont bien là, mais sur les t-shirts des employés, ou dans la boutique de souvenirs au milieu du campus. Oui, des centaines de produits marqués du célèbre «F» (ou du nom complet), comme dans ces échopes des parcs d'attraction.

Congés, horaires flexibles, menuiserie

Mais l'attention dont bénéficient les collaborateurs passe aussi par une série de programmes de pointe. Les collaborateurs qui deviennent parents sont encouragés à prendre un congé parentalité. Y compris les pères. Alors même que le congé maternité est loin d'être répandu aux Etats-Unis (au-delà de quelques jours). Le temps de travail de chacun n'est pas scruté à la loupe: «Nombre d'entre nous viennent travailler deux ou trois heures une journée, puis feront des horaires plus conséquents quelques jours plus tard, mais sans en rendre compte à leurs supérieurs: tant que le travail est fait», explique-t-on du côté de Facebook.

Le travail avec ses missions bien fixées. Mais aussi d'autres facettes plus surprenantes. Qui s'attendrait à trouver au siège mondial d'une des entreprises les plus réputées au monde pour ses algoritmes, ses serveurs, son approche du big data, ses projets de drones ou ses masques de réalité virtuelle, une... menuiserie? Et pourtant, au beau milieu du campus, c'est le bruit des scies circulaires et l'odeur de la sciure qui surprennent les visiteurs qui s'aventurent dans le Wood Shop. Ici, grâce aux conseils d'experts, chaque employé peut découper, assembler, monter des planches et des chevilles pour fabriquer ses étagères ou sa table de salon. Et des lieux comme celui-ci, le campus en regorge.

Il devrait en compter davantage encore dans les mois à venir avec l'extension récente du campus. De l'autre côté de la route, Mark Zuckerberg a fait appel à l'architecte Frank Gehry pour imaginer un gigantesque paquebot garni de terrasses et de toits végétalisés. Car les «chouchous» de Facebook ne cessent de croître au fil des mois.

Cette attention de tous les instants accordée aux collaborateurs et tous les avantages dont bénéficient ceux-ci ont marqué Maude Schmitt. Etudiante en psychologie des organisations, elle ne peut qu'être impressionnée par ce cadre de travail impressionnant mis en place pour les employés de Facebook, Instagram ou encore Oculus (les équipes de WhatsApp sont elles restées sur leur site historique).

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