Christian Simm

FONDATEUR DE SWISSNEX SAN FRANCISCO

Fondateur et directeur de swissnex San Francisco, Christian Simm vit depuis 1997 en Californie. Avec son regard de physicien et sa passion pour le partage des savoirs, il décode les mutations scientifiques, technologiques et sociétales, en Amérique du Nord et en Suisse. Avec son équipe, il privilégie le croisement des genres, l’interdisciplinarité et la sérendipité - l’exploitation créative de l’inattendu – pour que swissnex soit un lieu neutre et accueillant pour l’expérimentation intellectuelle. Valorisant l’écosystème entrepreneurial unique de la Silicon Valley et la réelle créativité helvétique, il ”connect the dots” entre recherche, éducation, art et innovation. Suivez swissnex San Francisco aussi sur nextrends !

Face Slapping, Anyone ?

A la sortie des fêtes de fin d’année, entre températures inhabituellement élevées, sécheresse et feux de forêts, entre remords gastronomiques et lourdeurs digestives, entre dernières bulles de champagne et tisane à la camomille, j’avais espéré découvrir un gadget comme sujet de cet article. Un ”machin” très Silicon Valley, équipé de WiFi et de Bluetooth, pourvu de quelques lumières clignotantes et d’un design très épuré. Un bidule – peut-être même un ”wearable” - permettant d’éviter, grâce à la technologie, les résolutions du début de l’an. Ou de répondre automatiquement à la marée sans fin des courriels. Ou d’annuler comme par magie le décalage horaire lors des longs voyages. Ou de faire oublier qu’une année de plus s’était écoulée sans crier gare.

Il devait bien y avoir une startup en ”stealth mode”, un ”maker” dans son garage ou un ”tinkerer” dans sa cuisine développant un prototype. Une communauté de créatifs ”pivotant” son plan d’affaires. Ou une ”herd of nerds” émergeant hagarde d’un ”hackaton” avec une nouvelle application à la clef. Que nenni !

Par contre, j’ai découvert quelque chose de bien inattendu au gré de mes recherches dans les rues de San Francisco, ”nonfat decaf foamed venti latte” à la main et Siri dans la poche, le ”massage boxing” et sa version plus sophistiquée, le ”face slapping”. Selon les affiches aux couleurs criardes dans les vitrines du salon de beauté, il ne s’agit ni d’une nouvelle forme de torture, ni d’un régime pour perdre du poids, mais bien d’un traitement naturel garanti 100% sans produits chimiques et sûr à 1 million de pourcents (sic). Tellement garantis même, affirme la publicité, que la comparaison des photos prises avant et après la thérapie exclut automatiquement les mots ”sans résultats” du vocabulaire. Il faut dire qu’à $350 la séance, il vaut mieux que les effets des claques soient visibles !

Mais qui peut donc bien accepter volontairement de se faire mettre des baffes, même si cela remet les idées en place … et la peau des joues probablement aussi. Les masseurs Mawin et Tata ont beau avoir l’air plutôt sympathiques, ils ne ressemblent guère à des ”geeks” en train d’inventer le futur ou de créer le Facebook du bien-être.

L’illumination vint lors d’un détour par le site web du guide de voyage bien connu Fodor’s Travel. ”The sky is obviously the limit” pour chercheurs et offreurs de beauté, avec une créativité frisant l’extravagance, qui n’est de loin pas exclusive à la San Francisco Bay Area. Il y en a pour tous les goûts : de l’application faciale de bave d’escargot à Tokyo à celle de guano de rossignol à New York, de sessions de respiration dans une mine de iodure de sel à Chicago à la dorure à la feuille du visage à Los Angeles, de l’effet relaxant (?) provoqué par des caresses de serpents en Israël aux bains de bière chaude en Tchéquie.

Il faut presque un bon ”face slapping” pour y croire...

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