Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Un marché immobilier empêtré!

L'avenir pour les locataires et les propriétaires est sombre à Genève, mais pas désespéré!

Le marché immobilier genevois est secoué et risque l’immobilisme !

Plusieurs faits marquants ont agité la république du bout du Lac. En premier, les différentes analyses prévoient pour 2020 une augmentation des loyers du centre-ville et des prix des PPE. Comme la pénurie a été votée par les genevois après ces analyses, il est fort probable que les augmentations soient plus fortes que celles annoncées. En 2019, le Conseiller d’Etat en charge du Département du Territoire a imposé un moratoire sur la possibilité d’augmenter la densité en zone villa. Pour résumer cela, avec 1’000m2 de terrain, la loi permet de construire 250m2 de plancher habitable. Une dérogation permettait de pousser ce quota à 400m2. Afin de mieux comprendre ce que cela signifie, la zone village en permet usuellement 600m2. Ce donc des villages qui se sont construits en zone villa. A la différence importante, c’est que ces nouvelles constructions ne laissent aucune place à l’espace public et, pour des raisons légales, ne proposent que des habitats à toit plat. Pour beaucoup, cela fait peu rêver et confine à l’écœurement.

Le peuple a refusé le déclassement des deux zones de Cointrin. En revanche, il a plébiscité la loi fédérale pour la construction des logements en coopératives. Des initiatives citoyennes veulent interdire tout abattage d’arbres et soumettre au vote populaire les nouveaux projets d’urbanisme. Le fonds de ces actions est clairement un ras-le-bol de la politique urbanistique menée jusqu’à ce jour. Celle-ci est le résultat naturel de l’urbaniste au service du Prince, issu de la Renaissance, rendu plus puissant avec le Roi Lumière et le Baron Haussmann, puis par les 30 Glorieuses avec la construction des logements en masse. Mais voilà, ces temps sont révolus. Les utilisateurs veulent participer à l’élaboration de leurs nouveaux espaces et le climat change. Les réseaux sociaux et les nouveaux médias font que chacun peut être impliqué très facilement. Et si personne n’est impliqué, alors tout le monde prend la parole.

Il est peut-être temps de repartir des fondamentaux. Ceux qui utiliseront les espaces publics et les logements doivent être entendus au début du processus. Ensuite, les professionnels de l’immobilier et les politiques pourront œuvre comme des traducteurs des pensées émises, pour les mettre en forme et leur donner une structure.

Certains tests sur l’élaboration de périmètre sont en cours de réalisation à Genève. C’est un partenariat entre habitants, utilisateurs, propriétaires, politiciens de bonne volonté (et non dogmatiques), fonctionnaires et promoteurs (au sens étymologique du mot) qui permet de développer un tissu urbain de qualité et qui pourra aussi répondre aux futurs enjeux climatiques.

Genève risque la paralysie alors que la demande en logements ne cesse de croitre. Les nouveaux logements sont créés en France et au canton de Vaud, créant des revenus fiscaux hors de Genève et gonflant le nombre de voyageurs chaque jour.

Le Coronavirus s’est peut-être aussi invité dans le débat immobilier : travailler ensemble et non les uns contre les autres.

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