Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Il faut se réinventer !

Les enjeux sont devant nous et il fut absolument que nous réinventions notre manière de voir notre urbanisation et nos typologies.

Cette situation extraordinaire doit nous enseigner une chose. Il faut apprendre à regarder devant. La dernière annonce politique (https://www.tdg.ch/geneve-se-dote-dun-nouvel-accord-sur-le-logement-304733118614 ) sur l’accord fait tout le contraire. Elle regarde le passé pour essayer de le figer dans le futur. A l’image de la crise sanitaire, les milieux politiques veulent retrouver « un avant ». Mais soyons clairs ! Il n’y en aura pas. Il faut savoir se projeter. Ce n’est pas l’apanage de nos politiciens. Ils vivent au jour le jour, en essayant surtout de ne rien changer.

Les enjeux immobiliers pour demain sont importants et nombreux. Il faut se réinventer !

Il faut d’abord arrêter de croire que la science de l’urbanisation est dévolue à une élite qui dicte au « bon peuple » ce qui est bien. Les initiatives citoyennes qui fleurissent ces derniers temps en sont le résultat flagrant. Comme dans différents domaines, il y a les personnes qui connaissent la jungle des lois et peuvent servir de chef d’orchestre lors des discussions urbanistiques générales.

A un autre niveau, la crise sanitaire a largement occulté la crise climatique. Mais ne nous leurrons pas ! Plus le temps passe, plus cette dernière s’aggrave. Et que fait-on ?! Pas grand-chose ! On continue de se comporter et d’urbaniser comme si de rien n’était. Le réchauffement climatique est bien là et les projets surannés foisonnent. Il y a lieu de réfléchir le bâti et son imbrication avec les espaces extérieurs dans un concept global. Il faut des espaces propices à la biodiversité. Le bâtiment reste la fierté de l’architecte, surtout s’il est très vitré (véritable piège pour les oiseaux) et difficile à meubler (piège pour les occupants). Les bureaux fleurissent toujours, sans penser à ce qu’ils puissent être reconvertis en logements. La demande pour ces types de surface va profondément changer avec plus de flexibilité selon le nombre d’utilisateurs présents. De plus, la demande va probablement fléchir (https://www.tdg.ch/la-crise-corona-va-poser-sa-marque-sur-le-marche-immobilier-594863359617). Mais on continue à produire du bureau comme si de rien n’était. Il faut se réinventer !

Les arcades et le centres commerciaux sont concurrencés directement par internet (https://www.agefi.com/home/entreprises/detail/edition/online/article/il-sera-difficile-pour-les-centres-commerciaux-americains-de-convaincre-leurs-clients-a-revenir-beaucoup-de-boutiques-resteront-vides-le-coronavirus-leur-a-ete-fatal-496753.html) . Il faut se réinventer ! Le business model historique ne fonctionnera plus que pour un certain encore. Mais pour combien de temps ?! Les logements produits depuis les trente glorieuses est resté historiquement le même. Seules les façades ont changé pour répondre aux nouvelles normes du design. Mais où sont les propositions comme l’ont osé de Guise (https://www.familistere.com/fr) et Ledoux (https://www.familistere.com/fr) ? Il faut se réinventer !

Les modes de transport vont évoluer fondamentalement ces prochaines années. Au niveau de l’espace public, il y a lieu de discuter ensemble pour que chacun y trouve sa place et cesser de dresser les utilisateurs les uns contre les autres comme on l’a trop vu ces derniers temps à Genève. Surtout qu’un piéton peut aussi être automobiliste et cycliste à tour de rôle, et réciproquement en fonction de ses besoins de déplacement. Les voitures seront-elles les mêmes dans 10 ou 20 ans. De plus en plus, ce sera un moyen de transport choisi parmi tant d’autres en fonction du besoin spécifique. Si les abonnements ont conquis internet /tout comme les vélos mais pas encore à Genève), pourquoi en irait-il pas de même avec les voitures ?! De ce fait, on appellera depuis le centre-ville une voiture autonome pour se faire raccompagner chez soi, les bras remplis de paquets, si ce n’est pas le magasin lui-même qui organiser la livraison.

Avec ceci, un parking centralisé (https://www.radiolac.ch/actualite/a-geneve-le-referendum-sur-le-parking-cle-de-rive-a-abouti/ ) est-il encore nécessaire. Ne devrait-on pas envisager des parkings périphériques avec des transports publics efficients. Ces parkings pourraient alors servir de stockage aux voitures autonomes. Il faut se réinventer !

On continue de geindre sur le présent, regarder dans le passé sans se projeter dans le futur !

Nous sommes face aux écuries d’Augias, mais sans fleuves à disposition ! Il faut urgemment se réinventer !

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