Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Déconfiner, c'est bien. Mais ce n'est pas tout!

Si le déconfinement se résume à recommencer où on s’est arrêté, c’est que la leçon est encore trop suave !

À la veille du « déconfinement », il est temps de se poser encore un moment !

Réfléchissons à ce que nous pouvons tirer de cette période unique dans notre histoire vivante. Certains voudraient se replonger au plus vite dans le même mode, comme si cette période n’était qu’un morceau de pellicule brûlée dont il faut se débarrasser au plus vite pour continuer à regarder le même film. D’autres, au contraire, appellent de toutes leurs forces à un monde bucolique et agraire. La vérité se trouve probablement à mi-chemin. Le monde tel qu’il a couru jusqu’à ce jour, dans tous les sens, ne pourra en tout cas pas être celui de demain !

Il serait bon d’ouvrir les réflexions et d’accepter les vues des uns et des autres. La mondialisation nous a montré à quel point nous étions tous interdépendants. La disparition de l’agitation poussée à l’extrême a permis à la nature de reprendre un peu de place. Et l’Homme, confiné, a pris le temps de la réflexion, espérons-le.

Le monde de demain ? Après avoir vécu au jour le jour, j’ose dire que je ne sais pas ! La prédiction est encore plus difficile que celle de fin d'année. Mais l’introspection est aujourd’hui un luxe et une obligation que nous devons tous prendre, ensemble.

Au niveau immobilier, quelle sera la forme des nouveaux quartiers ? Le virus rôde toujours et le prochain attend pour surgir de la boîte. Les distances sanitaires impliquent des espaces publics et de rencontres différents. Il est temps de projeter des espaces, aussi bien intérieurs qu’extérieurs, qui prennent en compte cet élément. Multifonctionnels et polymorphe, ils répondront à cet élan de partage, mais aussi de distance. Au niveau de l’appartement, ce pourrait être un espace qui pourrait continuer à servir pour le télétravail, ou pour s'isoler tout simplement. Dans un immeuble, ce pourrait être une salle de réunion pour discuter les besoins de tous et voir comment répondre à ces attentes. Nos parents sont toujours à risque. Il serait aussi possible d’y déposer des paquets, de fruits et légumes ou autres, certains jours, par le producteur local. Et pourquoi pas servir de salles de jeux lorsqu’il pleut ou de surveillance des enfants quand les crèches sont fermées, ou tout simplement pour s’y retrouver ?!

Tout ce que nous avons construit jusqu’à ce jour semble le plus souvent manquer de quelque chose. Les cheminements étroits posent souvent problème en ces temps (qui vont durer) de dangers sanitaires. Les immeubles répondent peu à ces attentes, souvent larvées et mal exprimées jusqu’à ce jour.

De même, les infrastructures publiques de mobilité ne sont plus adaptées.

Il sera difficile de modifier l’aménagement des transports publics. Alors, la sous-occupation reportera les usagers sur les autres modes de transport.

L’occupation de l’espace routier au sens large devient naturellement un enjeu encore plus fort avec ce déconfinement. Repensons les accès aux villes, les vitesses (rarement respectées), et l’attribution de certains axes uniquement aux quatre roues, aux deux roues et aux piétons. D’autres pourraient être mixtes. Allouons des subventions plus conséquentes à l’achat des deux roues électriques pour encourager l’élan qui est né. Nous avons démontré que nous pouvions facilement allouer des sommes conséquentes aux enjeux que nous considérions comme essentiels. La mobilité est vitale à l’économie, mais maintenant encore plus à la santé. Elle finance indirectement par exemple le social et les équipements publics. En restreignant les accès aux villes, comme par exemple en semaine qu’aux véhicules de petites taille et électrique ou hydrogène, offrons des emplacements où laisser dormir les autres quatre roues. Il sera plus facile alors d’agrandir les terrasses sur le domaine public comme certains le réclament.

Il y a donc lieu, urgemment, de réorganiser le domaine public pour encourager tous les modes de transport, traditionnels et alternatifs. Il serait insensé de de faire comme si de rien ne s’était passé e de ne prêcher que pour sa paroisse !

Que les édiles intellectuelles et politiques réfléchissent toutes ensemble et proposent le mode de vie 2.0 ou le déconfinement ne sera qu’un monde avec plus de dettes et de déchets sanitaires jonchant le sol!

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