Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Le bitcoin et les cryptosectes

Monnaies Annoncé au bord du gouffre en juillet par les initiés, le bitcoin s’est envolé au-dessus des 3000 dollars en août. Serait-ce que les pronostics dans l’univers des cryptomonnaies ne sont pas plus neutres que dans la finance classique? Les intérêts de ceux qui parlent depuis leurs chaires d’initiés de la blockchain sont en tout cas opaques (transparence: j’ai un bitcoin sur un site dont j’ai oublié le mot de passe).

Et, un peu comme au début des grandes religions, on ne compte plus les sectes. Il existe pas moins de 800 cryptomonnaies. 400 font l’objet d’au moins une transaction par jour.

Pire, alors que le principal intérêt du bitcoin était de se poser par construction contre la création monétaire sans limites des banques centrales, on a trouvé le moyen d’émettre de la cryptomonnaie sans restrictions avec les Initial Coin Offering (ICO). Inspirées par les introductions en bourse (IPO), ces opérations ont déjà levé l’équivalent de 1,6 milliard de dollars, selon Coindesk.

Passons sur le fait que la promotion des ICO s’exprime en dollars (ce qui dit quelque chose sur la valeur des monnaies classiques) pour nous arrêter sur une bizarrerie: ces opérations servent essentiellement à financer des start-up qui proposent de nouvelles cryptomonnaies mieux (plus flexibles) que le bitcoin. 

Peut-être. Mais cette création monétaire a aussi le défaut de recentraliser les cryptomonnaies. Contrairement aux anonymes du bitcoin, leurs fondateurs peuvent faire l’objet de pression. 

Les 500 millions de dollars de transactions par jour en bitcoin contre les 15 millions cumulés des autres cryptomonnaies suggèrent qu’il leur faudra plus d’arguments que de tirer sur le bitcoin pour lever les suspicions.

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