Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

La panne des autos autonomes

TechnologieL’édition 2018 du Consumer Electronic Show n’a pas fait exception: sur les parkings du Convention Center de Las Vegas, c’est le Salon de l’auto. C’est le cas depuis 2012, année où la taille du stand d’Audi a dépassé celui de Samsung, l’automobile voyant son avenir dans la voiture connectée, et même autonome.

Pourtant, cette dernière se fait attendre sur les routes. En 2012, Google promettait la généralisation des voitures sans conducteur dès 2016... La démonstration de faisabilité conduisant avec succès un véhicule autonome au travers du désert de Mojave remonte à 2005. Plus près de nous, des navettes autonomes sont apparues sur le campus de l’EPFL en 2014. Alors quoi? Le problème n’est pas technologique mais économique. Les technologies sont prêtes, mais pas l’infrastructure routière au sens large (assurances, standards, Code de la route…). 

Il a fallu trente ans pour que la fibre de carbone soit acceptée pour remplacer le métal dans les parties volantes d’un avion et vingt-cinq ans pour que le silicium photovoltaïque prouve sa durabilité. Ce sera sans doute moins pour les voitures autonomes, mais cette attente rappelle à quel point la «com» technologique oublie la complexité de l’économie.

Celle-ci veut s’assurer qu’un véhicule pourra s’autopiloter quand il se met à neiger ou qu’un 38 tonnes sans chauffeur, plus fiable après des heures d’autoroute, le sera toujours quand il s’agit de manœuvrer près d’une école. De la cybersanté à l’e-gouvernement, on n’en finirait pas de multiplier les exemples de technologies qui patinent depuis des années, une fois retombés les effets d’annonce simplificateurs du CES.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."