Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

Dystopie génétique

Dystopie génétique

Un à un, les tabous du décryptage de notre patrimoine génétique tombent. Après l’annonce de la naissance de bébés dont l’ADN aurait été modifié par un chercheur chinois, la Technology Review du MIT nous apprend que des biohackers américains se financent en bitcoins dans le but d’améliorer des embryons en modifiant leur patrimoine génétique. 

Certes, il s’agit de dérives aux marges de la science que la communauté scientifique condamne. Mais on voit bien que les garde-fous se fragilisent. Dans le cas de la protection des données génétiques, l’entreprise de tests grand public Family Tree DNA a confirmé récemment avoir autorisé le FBI à chercher dans sa base génétique les ADN de criminels pour les retrouver. 

Est-on en train de préparer des scénarios à la Bienvenue à Gattaca ou à la Minority Report? En Suisse comme dans beaucoup de pays, le droit protège. Le Congrès des Etats-Unis va renouveler son interdiction des modifications génétiques embryonnaires. S’ajoute à cela que la biologie ne se laisse pas dominer facilement. Comme l’ont fait observer des chercheurs dans le New England Journal of Medicine, on est très loin de pouvoir améliorer le quotient intellectuel d’un individu en modifiant ses gènes. 

Le décryptage de l’ADN et même sa modification par thérapie génique promettent toujours d’immenses progrès médicaux. Mais nous sommes peu préparés à prendre en main notre propre évolution. Ainsi, le risque, chaque fois que tombe un tabou de bioéthique, est moins celui d’une dystopie génétique lointaine que celui immédiat de peurs, de frustrations et de conflits dans des opinions de plus en plus polarisées. 

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