Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

EXPOSITIONS/Que se passera-t-il en Suisse cet automne? Un petit choix

Crédits: Lin Bolin/Musée de l'Elysée, Lausanne 2018

Et c'est reparti pour un tour! Les musées suisses sont sur le point d'ouvrir leur saison d'automne 2018. Des inaugurations auront lieu ces tout prochains jours à Bâle, à Aarau ou à Zurich. Je vais vous faire un petit «topo» des réjouissances à venir. Ne vous attendez-pas à des masses d'originalités. Il s'agit de faire grand public avec des recettes éprouvées. La majorité des gens ne vient pas découvrir, mais revoir. 

Bâle
Fokus Andreas Gursky.
L'Allemand de Leipzig, aujourd'hui âgé de 63 ans, est devenu le photographe le plus cher du monde en 2011 avec un tirage à 4,1 millions d'euros. Le Kunstmuseum, qui détient nombre de ses créations des années 2000 montrant l'aéroport de Francfort ou la Bourse de Tokyo, va nous offrir une rétrospective du 29 septembre au 31 mars 2019. Il faut prévoir des images énormes (www.kunstmuseumbasel.ch)
Nackt! L'Antiquité grecque et latine a laissé quantité d’œuvres pour le moins dénudées. Le prétexte mythologique ou l'athlétisme faisait passer la pilule. A notre époque marquée par un resserrement de la morale sur les questions sexuées et sexuelles, l'Antikenmuseum et Museum Ludwig a désiré montrer une certain nombre de pièces archéologiques. Il veut relancer le débat sur le voyeurisme et la pudeur (www.antikenmuseum.ch)
Balthus. La Suisse alémanique n'avait jamais montré le peintre, qui y a pourtant vécu une partie de sa jeunesse. Mort en 2001, Balthus a connu en fin de vie une popularité qui tend à retomber un peu. Il se voit aussi accusé aux Etats-Unis (vous connaissez les Américains!) de pédophilie. La Fondation Beyeler a décidé de monter le grand hommage en coproduction avec Madrid. Il sera à Bâle du 2 septembre au 1er janvier (www.fondationbeyeler.ch

Berne
Hodler, Parallélismes.
L'exposition du Musée Rath, qui vient de se terminer à Genève, a été conçue dès le départ en partenariat avec le Kuntmuseum de Berne. Celui va donc proposer sa propre version de la chose du 14 septembre au 13 janvier. Il y aura en gros les mêmes tableaux, mais la scénographie sera (heureusement) différente. On se réjouit de voir les différences de concept et de présentation. (www.kunstmuseumbern.ch)

Genève
Gustave Revilliod.
Le collectionneur et mécène, à qui Genève doit l'Ariana et un parc largement amputé afin de construire l'ONU, était né en 1817. D'où, avec quelques mois de retard, l'exposition hommage qui se doublera d'un énorme catalogue. Elle durera du 2 novembre au 2 juin 2019. Les innombrables œuvres du legs Revilliod de 1890 sont normalement réparties entre l'Ariana, la BGE, le MEG et le MAH (www.ariana-genve.ch)
Mai-Thu Perret. La Genevoise avait déjà eu son exposition au Mamco en 2011. La revoici du 10 octobre au 3 février sur un étage entier du musée. A 42 ans, Mai-Thu recevra ainsi une sorte de rétrospective. Il s'agit d'une proche de la maison. On pourrait même dire qu'elle compose avec John Armleder et Sylvie Fleury une sorte de Sainte Trinité locale. Le reste de l'institution fera aussi peau neuve (www.mamco.ch. Informations à venir)

Lausanne
Lin Bolin.
C'est l'un des photographes chinois les plus à la mode. Vous avez tous vu ses images sans jamais le reconnaître. L'homme se met en scène le corps peint de telle manière qu'il se confond avec le décor. Un stupéfiant exercice de caméléon. Vu ses origines, il faut bien sûr prendre la chose comme une parabole politique. L'Elysée va montrer de lui 70 tirages du 17 octobre au 27 janvier. A 43 ans, Bolin est une star (www.elysee.ch

Vevey
Dessins politiques, dessins poétiques.
Le Musée Jenisch a donné pour l'automne carte blanche à Frédéric Pajak. Ce dernier a choisi de présenter non pas des dessins de presse, ni des caricatures, mais des œuvres graphiques développant une vision politique au sens large. Il y aura là du 2 novembre au 24 février aussi bien Goya que Daumier, Steinlen ou Otto Dix. Un important catalogue est prévu (www.museejenisch.ch)

Zurich
Robert Delaunay et la Ville Lumière.
Robert sans Sonia. Né en 1885, l'artiste s'est laissé inspiré jusqu'à sa mort en 1941 par la capitale française. Le Kunsthaus, qui possède de lui deux toiles très importantes, a décidé de lui consacrer une exposition monothématique. Elle ira des visions les plus figuratives aux abstractions presque totale. L'inauguration est pour tout bientôt. Du 31 août au 18 novembre (www.kunsthaus.ch)
Rosetsu. Né en 1754, disparu dès 1799, l'homme fait partie des mythes de la peinture à l'encre orientale. Il aurait exécuté l'un des décors montrés au Museum Rietberg en une seule nuit. Pour une exposition de prestige, ce lieu voué aux arts extra-européens a obtenu des prêts sans précédent. Certaines des créations présentées pour quelques semaine seulement n'étaient jamais sortie du Japon. Trésors nationaux! (www.rietberg.ch)

P.S. Les numéros de "Beaux-arts" et celui de "Connaissance des arts" de septembre, consacrés majoritairement aux expositions de l'automne, sont déjà en kiosques. Je les ai vus.

Photo (Lin Bolin/Musée de l'Elysée, Lausanne 2018): L'une des interventions de Lin Bolin. Il est là quelque part.

Prochaine chronique le mardi 28 août. Un choix de dix expositions européennes de l'automne.

 

 

 

 

 

 

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