Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

EXPOSITIONS/L'automne international. Mon choix de Florence à Londres

Crédits: G. Julien/AFP

La rentrée est là. Il n'y a du reste quasi plus de pose estivale. Même Paris a pris goût aux mois de juillet et d'août. C'est dire! Il devient donc temps pour moi de vous proposer une sélection d'expositions internationales sur le point de commencer, ou prévues plus tard dans l'automne. Inutile de préciser que le choix reste parfaitement subjectif. J'ai bien sûr dû me déterminer sur des dizaines de propositions. Les dix manifestations retenues tiennent compte de la géographie et de la variété des genres. Il en faut pour tous les goûts, même si ce ne sont pas forcément les miens. 

Florence
Marina Abramovic. Madame performance se voit dédier une rétrospective au Palazzo Strozzi du 21 septembre au 20 janvier 2019. A 72 ans, la Serbe a atteint le sommet de la gloire. Elle vient de publier ses mémoires, dont je vous ai du reste parlé. «The Cleaner» proposera une centaine d’œuvres réalisées depuis les années 1970. Marina succédera à Ai Weiwi et à Bill Viola dans ce lieu prestigieux. (www.palazzostrozzi.org). 

Londres
Edward Burne-Jones.
Le dernier des grands préraphaélites. Né en 1833, mort en 1898, l'Anglais a été formé par Willliam Morris et John Ruskin. Il a développé un monde diaphane, d'inspiration médiévale. Celui-ci comprend des peintures, bien sûr, mais aussi des tapisseries et des vitraux. Burne-Jones a été montré en 2010 au Kunstmuseum de Berne. Il sera cette fois à la Tate Britain du 24 octobre au 24 janvier 2019 (www.tate.org.uk)
Moi, Assourbanipal, roi d'Assyrie. Le patrimoine archéologique de la Syrie et de l'Irak a été mis malmené par Daech. Heureusement, les Anglais en avaient emporté le meilleur lors de leurs fouilles du XIXe siècle. Le British Museum pourra donc présenter un panorama très complet de cette civilisation guerrière du premier millénaire avant notre ère. L'exposition se déroulera du 8 novembre au 24 février 2019 (www.britishmuseum.org)

Lyon
Bernar Venet.
Après soixante ans de carrière, le sculpteur reste une star française. Il s'exporte peu à l'étranger. Le MAC (ou Musée d'art contemporain) va nous offrir la totale du 21 septembre au 6 janvier 2019. L'institution prévoit 170 pièces. Il y aura aussi des dessins des photos, des peintures (c'est inhabituel pour lui!) et des films. L'idée est en effet de montrer l'artiste dans sa totalité et sa surprenante variété (www.mac-lyon.com

Madrid
Max Beckmann, Figures en l'exil.
C'est un très grand peintre, que les Parisiens avaient merveilleusement accueilli à Beaubourg en 2002. Allemand, Beckmann (1884-1950) a été contraint par le nazisme à se réfugier d'abord à Amsterdam, puis aux Etats-Unis où il est mort. Le Musée Thyssen-Bormenisza entend bien l'imposer aux Espagnols du 23 octobre au 27 janvier avec une exposition globale (www.musothysssen.org

Milan
Carlo Carrà.
C'est un géant de l'art italien du XXe siècle, mais nul ou presque ne le sait en dehors de la Péninsule. Carrà (1881-1966) a débuté dans le futurisme. C'est l'un des inventeurs de la «peinture métaphysique» avec Chirico. Il a ensuite adhéré au primitivisme en vogue sous Mussolini. Le Palazzo Reale proposera du 4 octobre au 2 février 2019 sa première rétrospective Carrà depuis trente ans (www.palazzorealemilano.it

Paris
Picasso bleu et rose.
L'avalanche continue. Après les soixante expositions de l'été sur «Picasso Méditerranée», voici une focalisation sur les débuts. La chose, prévue du 18 septembre au 6 janvier 2019, est coproduite par la Fondation Beyeler qui reprendra l'accrochage dès le 3 février 2019. Le Musée Picasso offrira pour sa part «Picasso, Chefs-d’œuvre» aux mêmes dates. Ne serait-ce pas un peu trop? (www.musee-orsay.ch)
Miró. Il y une quinzaine d'années, Beaubourg s'était concentré sur les années 1920 et 1930. Le Grand Palais voit plus large. Ce sera cette fois soixante-dix ans de création vues par le biais de 150 pièces, «dont beaucoup restaient inédites en France.» La dite création finit pourtant très mal. Le but est bien sûr d'attirer les foules du 3 octobre au 4 février. Le Grand Palais a terriblement besoin d'un succès populaire (www.grandpalais.fr)

Venise
Tintoret.
Jacopo Robusti, dit «il Tintoretto», serait né dans la ville en 1518. La Sérénissime lui devait son grand hommage. L'Accademia proposera «Le jeune Tintoret» du 7 septembre au 6 janvier 2019. Le Palais des Doges présentera ses décors restés en place et la suite de sa carrière du 7 septembre au 31 mars. Il y aura bien sûr aussi à contempler la Scuola San Rocco et la Madonna dell'Orto (www.palazzoducale.visitmuve.it)
Cappelin et le jeune Carlo Scarpa. Le Stanze del Vetro poursuivent leur grand panorama de la création du XXe siècle. Cette fois-ci, se sont les débuts de 1925 à 1931. Il y aura là la maison Cappelin et un tout jeune architecte qui allait vraiment percer en tant que tel après 1945. Ensemble, ils vont inventer le design moderne. On est plus proche eux du goût d'aujourd'hui que de l'Art Déco. A vérifier du 10 septembre au 9 janvier 2019 (www.stanzedelvetro.org)

Photo (G. Julien/AFP): Bernar (pas de "d" final!) Venet sera présent cet automne à Lyon.

Prochaine chronique le mercredi 29 août. Livres Picasso-Cocteau et Picasso-Antonio Saura.

 

 

 

 

 

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