Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

EUROPE/Les grandes expositions de 2017. Ma quinzaine d'idées

Crédits: Matt Dunham/AP

Après la Suisse, dont je vous ai présenté hier quelques-unes des grandes expositions agendées pour 2017, voici l'international. Restons modestes tout de même. Je m'arrêterai à l'Europe. La sélection sera française, italienne, anglaise, espagnole et néerlandaise. Il a déjà fallu opérer un choix drastique. Je vous dis tout de suite qu'il se s'agit pas du mien intime, tiré de mon moi profond. J'ai sélectionné une quinzaine d'affiches supposées irrésistibles, en me basant sur des sites souvent plus mal foutus les uns que les autres. Sur ce, c'est parti! 

Berlin
Der Effekt Luther.
Le monde vit les 500 ans de la Réforme, qui connaît aujourd'hui sa version dure avec les églises évangélistes, le protestantisme classique se portant très mal. Tout est parti de Wittenberg en 1517, avec les thèses de Martin Luther. Le Deutsches Historiches Musuem y va de sa grande exposition, présentée au Martin Gropius Bau (du 12 avril au 5 novembre, www.dhm.de

Kassel
Documenta14.
La foire se déroule tous les cinq ans. Elle prendra cette fois une tournure politique. Pas d’œuvres ou presque. Beaucoup de discussions autour du «Parliament of Bodies». Le lever de rideau se déroulera, en signe de solidarité, à Athènes du 8 avril au 16 juillet. La municipalité de Kassel est furibarde et elle l'a fait savoir (du 10 juin au 17 septembre, www.documenta.de

La Haye
Rétrospective Mondrian.
Le plus gros fonds mondial d’œuvres de Piet Mondriaan (1872-1944) se trouve au Gemeentemuseum, qui possède avant tout la production de jeunesse, avant les départs pour Paris, puis New York. L'institution compte montrer cet été 300 œuvres couvrant toutes les périodes, du réalisme à l'abstraction (du 3 juin au 24 septembre, www.gemeentemuseum.nl

Lens
Les frères Le Nain.
Il y a trente-cinq ans que le Grand Palais proposait à Paris la grande exposition où des spécialistes tentaient de distinguer les mains de Mathieu, Louis et Antoine. Entreprise difficile, après trois siècles... Le Louvre de Lens, qui nous a déjà offert Charles Le Brun en 2016, se penchera à nouveau sur ce qu'on appelé «les peintres de la réalité» (du 22 mars au 26 juin, www.louvrelens.fr

Londres
Michelangelo/Sebastiano, A Meeting of Minds.
Difficile de nos jours d'organiser en Angleterre une exposition Michel-Ange (1475-1564), sauf de dessins. Seule, la Royal Academy possède une de ses sculptures. L'homme a donc été rapproché par la National Gallery de Sebastiano del Piombo (1485-1547), à qui il a soufflé des idées (du 15 mars au 25 juin, www.nationalgallery.org.uk)
Pink Floyd. Le Victoria & Albert fait un carton lorsqu'il parle de mode et davantage encore si celle-ci se combine au monde de la pop music. Après David Bowie, voici une nouvelle présentation de légende du rock. Le groupe britannique existe depuis 1965. Il a depuis vendu plus de 300 millions d'albums dans le monde (du 13 mai au 1er octobre, www.vam.uk)
Jasper Johns. A 86 ans, Johns reste l'un de seuls titans américains des années 1960, après la mort de Warhol, de Rothko ou de son compagnon Robert Rauschenberg. Les expositions qui lui sont vouées en Europe restent rare. La Royal Academy offre l'occasion d'admirer celui qui a mis autre chose que des chiffres sur ses toiles (du 23 septembre au 10 décembre, www.royalacamedy.org.uk

Lyon
Biennale d'art contemporain.
Si Venise en arrive à la 57e édition, Lyon en reste à la 14e. Thierry Raspail a invité comme commissaire du second volet (sur trois) de «Moderne» Emma (et non Avril) Lavigne. Il s'agit de la directrice de Pompidou Metz depuis décembre 2015. La manifestation occupera comme de coutume plusieurs lieux (du 20 septembre au 31 décembre, www.labiennaledelyon.com

Madrid
Visiones del mundo hispánico.
Il existe depuis 1904 à New York une Hispanic Society fondée par Archer Milton Huntington. Elle possède de fabuleuses collections d'art espagnol ancien, dont le portrait de la duchesse d'Albe par Goya. Quelque 200 œuvres jamais prêtées en Europe, ou presque, seront visibles au Musée du Prado (du 4 avril au 10 septembre, www.museodelprado.es

Milan
Manet.
En 2013, le Palais des Doges de Venise montait en tandem avec le Musée d'Orsay un spectaculaire «Manet et Venise». Le Palazzo Reale de Milan récidive. Il y aura en tout 50 toiles, dont certaines se révéleront tout de même de Renoir ou de Degas. C'est la manifestation de luxe du Palazzo, avec un Caravaggio, «dont les dates devraient prochainement être connues» (du 3 mars au 25 juin, www.milanoguida.com

Paris
Valentin de Boulogne.
C'est le plus grand caravagesque français. Né en 1591, mort en 1632, l'homme a passé presque toute sa vie à Rome, où il est mort. Aucune rétrospective ne lui avait jamais été consacrée. Le Louvre a coproduit celle qui a déjà été montrée au «Met» de New York. L'institution française proposera en même temps Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Siècle d'or (du 22 février au 22 mai, www.louvre.fr)
Balenciaga, noir et lumière. Mort en 1972, le couturier espagnol a vu une maison plutôt médiocre rouvrir sous son nom. Après l'hommage des Arts décoratifs, il va bénéficier de celui de Galliera, mais hors les murs. La présentation de ce minimaliste de la mode aura lieu au Musée Bourdelle, qui a déjà accueilli Madame Grès (du 8 mars au 16 juillet, www.bourdelle.paris.fr

Venise
Damien Hirst.
C'est le choix, très commercial de François Pinault. Aujourd'hui âgé de 51 ans, l'Anglais sur-médiatisé bénéficiera des surfaces plutôt copieuses du Palazzo Grassi et de la Punta della Dogana. Il y aura des vaches tronçonnées, des ailes de papillon et sans doute quelques pharmacies pleines de pilules multicolores (dès le 9 avril, www.palazzograssi.it)
La Biennale. Année impaire, c'est donc celle des beaux-arts, confiée en 2017 à la Française Christine Macel. Cette dernière a choisi pour titre «Viva Arte viva» (vive l'art actuel). Elle montrera ses choix à L'Arsenale et au Padiglione Italia des Giardini. Il y aura comme d'habitude les pavillons nationaux, dont beaucoup se cachent en ville (du 13 mai au 26 novembre, www.labiennale.org)

Photo (Matt Dunham/AP): Damin Hirst, qui va pouvoir se répandre dans les deux lieux que François Pinault occupe à Venise.

Prochaine chronique le mercredi 4 janvier. Deux articles genevois.

 

 

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