Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Projet d'agrandissement. Visiteurs. Le Met new-yorkais a connu une bonne année 2018

Près de 7,4 millions de personnes ont franchi la porte. Un record. L'institution avait pourtant dû renoncer à la gratuité pour les collections permanentes. Et l'aile sud-ouest a perdu le plomb qu'elle avait dedans.

Le bâtiment, qui n'en finit plus de grandir.

Crédits: DR

Après le Louvre, le Met. Le Metropolitan Musem de New York vient de publier ses chiffres de fréquentation pour 2018. Ils sont excellents, avec un peu moins de 7,4 millions de visiteurs. Et cela même si on y voit aucun bond en avant de 25 pour-cent en un an. Ici, la progression reste de de 5,1 pour-cent par rapport à 2017, qui constituait déjà «une très bonne année». Il y avait en plus le problème de la gratuité pour les collections permanentes. Elle est tombée d'un coup en janvier 2018. L'entrée coûte désormais 25 dollars, ce qui fait beaucoup pour nombre d'Américains. Cela dit, celle du Louvre a passé à 15 euros sur place, le prix en ligne se voyant désormais fixé à 17 euros.

Comment se compose le public? Très différemment de Paris. Les New-yorkais composent le 32 pour-cent des visiteurs. Trente-quatre pour-cent sont des touristes de l'intérieur. Les États-uniens restent volontiers à l'intérieur de leurs frontières. Il n'y a donc que 34 pour-cent d'étrangers, ce qui fait pauvre par rapport aux 75 pour-cent de Paris. Là aussi, les observateurs notent une fulgurante progression chinoise. Ils dominent désormais les touristes extérieurs. Leur proportion ne va cependant pas jusqu'à 9 pour-cent du total, à l'instar du Louvre. Pour l'instant, elle plafonne à 5 pour-cent.

Un nouveau directeur

2019 ne commence pas trop mal. «Ne recevant aucune subvention d'Etat», le Met n'est pas victime, mais bénéficiaire du «shutdown» voulu par Donald Trump. C'est donc le grand lieu à visiter en ce moment, la National Gallery de Washington restant pour le moment close faute de personnel fédéral. Tout va bien. L'optimisme n'est d'ailleurs pas récent. En août dernier, le musée à annoncé la reprise du projet d'une aile sud-ouest (n'oubliez pas votre boussole!). Il avait été abandonné, vu son coût extravagant de 600 millions de dollars. L'aile se fera, «mais à moindre coût».

Je terminerai en rappelant que le Met, après quelques turbulences directoriales et financières, est dirigé depuis l'été 2018 par Max Hollein, auparavant en poste à Francfort ou à San Francisco. Sa nomination avait été critiquée non pas en raison de la personne, mais du symbole. Le Met avait encore un directeur blanc, ce qui refléterait un «manque de diversité» au sein de l'institution. Le politiquement correct toujours, «boosté» par les minorités. Celles-ci veulent le pouvoir. J'ai ainsi lu récemment que les départements asiatiques des musées américains devraient normalement selon elles se voir gérés par des historiens d'art d'origine asiatiques. Voilà ce qu'on appelle du communautarisme! Cela dit, en effet, le Met pourrait avoir une fois une directrice.



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