Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Villeurbanne, près de Lyon, sera durant deux ans "Capitale française de la culture"

La distinction a été accordée pour la première fois. Huit villes de moyenne importance étaient en compétition. Un coup de projecteur sur un lieu "années 1930".

Place Lazare-Goujon à Villeurbanne.

Crédits: DR.

«C’est officiel!», peut-on lire en gros sur le site de la Ville. Villeurbanne a en effet été désignée le 30 mars comme «Capitale française de la culture». Valable deux ans, cette distinction nouvellement créée s’est vue décernée pour la première fois. Huit cités de moyenne importance avaient peaufiné leur dossier, dont Sète, Angoulême, Laval, Brest ou Saint-Paul de la Réunion, puisque le pays reste encore aujourd’hui davantage qu’une Métropole. Villeurbanne l’a donc emporté. Une victoire pour une agglomération passant souvent pour un strapontin lyonnais.

Il fallait bien donner des motifs à cette victoire. Depuis son lit d’hôpital (Roselyne Bachelot a attrapé une méchante Covid), la ministre de la Culture a dû trouver quelques formules bien senties. Elles me font un peu penser aux discours du maire de Champignac dans les vieux albums de «Spirou». Il est en gros question «d’effervescence créative à la fois jeune et engagée», ce qui soit dit entre nous ne signifie pas grand chose. Il faut dire que Villeurbanne est un endroit où la moitié de la population a moins de trente ans. Un lieu dont le peuplement se révèle en nette hausse depuis 2000. Auparavant, il stagnait. On en arrive aujourd’hui à environ 150 000 habitants. Villeurbanne est du coup, en terme d’habitants, la vingtième ville de France. A titre de comparaison, la cité du Rhône ne comptait que 7500 âmes de 1872 et 43 000 en 1911.

Le pendant de Boulogne-Billancourt

Le prix donne aussi un coup de projecteur sur un ensemble urbain cohérent, créé tout au début des années 1930. Une vision globale avait alors permis la construction d’un Palais du Travail, d’une mairie et d’une énorme avenue bien dans le goût de l’époque. Une sorte de mussolinien à la française, avec moins de moyens financiers. La tentation a donc toujours été grande de comparer cette agglomération industrielle avec Boulogne-Billancourt, à la périphérie de Paris. Il y a cependant ici moins d’architectures griffées. A Boulogne, les grands signatures de l’Art Déco s’étaient comme donné le mot pour édifier des bâtiments souvent spectaculaires.

La distinction actuelle, qui ravit le maire (PS) Cédric Van Styvendael s’accompagne d’un million d’euros pour créer des événements culturels. L’équivalent d’une semaine ordinaire au Grand Théâtre genevois. Mais nous sommes dans la province française. Il devrait donc en sortir réellement quelque chose.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."