Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

VENISE/L'Américain de Londres Ralph Rugoff dirigera la Biennale 2019

Crédits: Biennale di Venezia, 2017

Le monde change! Alors que la Biennale d'architecture de Venise, que dirigeront en 2018 deux Irlandaises, n'est même pas entrée en chantier, Paolo Baratta, le président de la manifestation, vient de sommer le nom de celui qui chapeautera la prochaine Biennale des arts visuels. Une chose prévue du 11 mai au 24 novembre 2019. Le temps des improvisations brouillonnes, qui a longtemps caractérisé la manifestation italienne, semble bien révolu. Il faut dire que le succès de la récente édition (615 152 visiteurs) incite à prévoir à l'avance. Nous sommes à l'heure du «management». 

C'est donc l'Américain Ralph Rugoff, 60 ans en 2017, qui se retrouvera en charge. Ce dernier a accompli l'essentiel de sa carrière en Angleterre, où il dirige depuis 2006 la Hayward Gallery de Londres. Une verrue de béton des années 60-70 située près de la gare de Waterloo. L'homme s'y est fait remarquer par des expositions très cérébrales allant de «Invisible Art» (2012) à «Infinity Mix» (2016) en passant par «Human Factor» (2014). Les Français se souviennent du fait que cet intellectuel friand de Gilles Deleuze, venu à l'art par la sémiotique, fut le commissaire d'une Biennale de Lyon intitulée «La vie moderne» en 2013. Paolo Baratta a expliqué ce choix par le fait que la manifestation, créée en 1895, a toujours voulu se situer au confluent entre les visiteurs, l'art et les artistes. Les premiers risquent de ne pas vraiment se retrouver à la fête. Ce sera sans doute très austère. Une chroniqueuse a déjà rappelé «le goût pour les idées et leurs mouvements complexes» de l'élu.

Un pouvoir limité 

Reste que Rugoff, invariablement qualifié de «charismatique» par une presse ne voulant pas trop se compromettre, ne dirigera que les présentations du Padiglione Italia des Giardini et le plus clair de l'Arsenale. Les pays propriétaires des pavillons (ou ceux qui louent des lieux en ville) feront ce qu'ils veulent. Idem pour les musées de la ville et les fondations privées. Le cadre compte par ailleurs beaucoup, surtout à l'Arsenale. Pour de nombreux visiteurs, la Biennale tient de la promenade. Le plus important pour eux, c'est qu'il fasse beau!

Photo (Biennale di Venezia): Ralph Rugoff photographié à Londres.

Texte intercalaire.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."