Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Venise a été sauvée des eaux samedi dernier. La digue Moïse a fonctionné!

Après dix-sept ans de travaux pour un budget presque quadruplé, le barrage artificiel a donné satisfaction. La marée n'a pas déferlé. Moïse devrait être terminé en 2021.

Une image de la catastrophe (évitable) de novembre 2019.

Crédits: Marco Bertorello, AFP.

La nouvelle n’a pas fait les gros titres des journaux, puisqu’elle se révèle positive. Les journalistes sont souvent, à tous les sens du terme, des charognards. Ils n’aiment que le désastre. La preuve! L’information a commencé à circuler dans les médias francophones le mercredi 7 octobre, alors que le «non-événement» s’est produit le samedi 3. Vous parlez d’un décalage horaire…

Que s’est-il passé? Très simple. Le week-end dernier devait se voir marqué à Venise par une importante «acqua alta». Et cela même si elle restait loin de la déferlante de novembre 2019, où l’eau était montée de 187 centimètres, frôlant ainsi le funeste record de 1966. C’était le moment où jamais de mette en action «Moïse» (acronyme en italien de «module expérimental électro-magnétique»). Vous savez. Cette digue artificielle qui avait enfin été essayée il y a quelques mois en présence de Giuseppe Conte. Je vous en avais parlé. Après un démarrage un peu cafouillant, le barrage avait alors fini par se mettre en place. Il était temps! Moïse aurait dû apparaître fonctionnel dès 2016. S’il est bien terminé en 2021, il aura mis dix-sept ans à le construire, la facture originelle de 2003 ayant été largement dépassée. Après divers scandales, dont un aura conduit le maire de la ville en prison, Moïse aura non pas coûté deux, mais sept milliards d’euros. On se croirait presque à Genève.

Jusqu'à trois mètres de haut

Comment les choses ont-elles fonctionné samedi dernier? Mais bien! Les caissons remplis d’eau (on soigne ici le mal par le mal) se sont élevés à la hauteur voulue. La mer n’a pas débordé. Il faut dire que les concepteurs de la chose ont vu large. Les 78 digues artificielles peuvent monter jusqu’à trois mètres, soit un de plus qu’il eut été nécessaire en 1966. Dire que tout le monde est content me semblerait tout de même exagéré. L’«accident» de novembre dernier aurait dû se voir évité, mais le barrage un temps décrié par les écologistes eux-mêmes a toujours subi prévarications et polémiques.

A ce propos, je ne sais pas où en est la réparation des dégâts de l’an dernier. Ils ont aussi bien touché les commerçant ayant perdu leur stock de marchandise que quelques monuments. Une chose m’avait pourtant étonné à l’époque. En avril 2019 Notre-Dame flambait sur la terre ferme par beau temps et sans vent devant des pompiers presque impuissants. A Venise, quelques mois plus tard, la Ca’ Pesaro, qui abrite les musées d’art moderne et d’art oriental, a commencé à brûler au milieu d’une tempête dans une ville inondée. Et bien là, le service du feu a réussi à éteindre le feu en quelques minutes... La Ca’ n’a dû fermer que pour de menus dégâts d’eau.

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