Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Une grotte préhistorique couverte de fresques découverte en Catalogne

Les archéologues sont tombés par hasard sur un lieu remontant au Magdalénien à L'Espugla de Francoli. Immédiatement classée, la grotte pourrait faire l'objet d'une réplique.

L'une des représentations animalières.

Crédits: Josep Maria Vergès, IPHES

«Le hasard fait bien les choses», disait ma grand’mère. Pour ce qui est des grottes préhistoriques, il apparaît en tout cas fondamental. Lascaux, Altamira ou plus récemment la Grotte Chauvet ne résultent pas d’une campagne archéologique prévue depuis longtemps, mais d’une trouvaille fortuite. Avec les problèmes que cela pose. Découvert en 1879, Altamira a longtemps passé pour un faux exécuté dans l’intention perverse de berner les scientifiques. Ceux-ci ont mis des années, voire des décennies à faire leur mea culpa. Personne n’aime se voir pris en faute.

Dessins symboliques. Photo Josep Maria Vergès, IPHES.

Avec L’Espugla de Francoli, nous restons en Espagne, même si je dois froisser certains sentiments nationalistes. Le lieu se trouve en Catalogne. Là aussi, tout apparaît fortuit. A l’occasion d’une crue en octobre 2019, des savants ont pu pénétrer jusqu’au fond du Font Major. Ils ont trouvé là des parois couvertes d’une centaine de dessins. Il y en a de deux types, comme le précise l’ «Archeology News Network». A côté de signes abstraits ou symboliques se trouvent les représentations attendues de biches, de chevaux ou de bœufs. Selon les premières conclusions de l’équipe menée par Josep Maria Vergès, les œuvres ont été tracées sur un temps long. Il en existe donc plusieurs couches, comme pour les fresques des très anciennes églises italiennes. La partie la plus ancienne remonterait au Magdalénien, la dernière phase du Paléolithique. Les peintures gravées auraient donc quinze mille ans. Les plus récentes dateraient en revanche du Néolithique, ce qui leur fait tout de même un bel âge.

Numérisation 3D

A l’origine, le décor semble avoir été plus important. Le reste aurait été peu à peu effacé par le temps et l’érosion. L’activité humaine aussi. La partie la plus accessible de la grotte a longtemps été utilisée comme lieu d’étape par des randonneurs. Ils ont touché les murs sans avoir apparemment rien remarqué d’anormal. Aujourd’hui, il s’agit de maintenir en état ce qui subsiste. La grotte s’est bien sûr vue fermée. Le gouvernement central espagnol a immédiatement prononcé un classement comme «lieu culturel d’importance nationale». L’étude des fresques s’accompagne déjà d’un programme de numérisation 3D. Il n’est pas impossible, selon l’intérêt soulevé, d’imaginer la construction d’une réplique à l’échelle 1/1. Comme pour Lascaux.

Ce petit article est suivi de deux autres sur l’archéologie.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."