Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Une fresque préhistorique de treize kilomètres de long découverte en Colombie

L'oeuvre aurait environ 15 000 ans. La population de chasseurs l'ayant réalisée vivait au moment où s'est développée la forêt amazonienne, inexistante auparavant.

José Iriarte devant quelques-unes des figures.

Crédits: José iriarte, The Art Newspaper.

C’est une grande découverte. Au propre comme au figuré. Les peintures rupestres relevées en Colombie par une équipe internationale ne mesurent pas moins de huit miles de long, soit environ treize kilomètres. Elles émanent d’une population préhistorique ayant vécu entre 12 600 ans avant Jésus-Christ et 11 800. Autant dire que c’est très vieux, surtout pour le Nouveau Monde. Le site se trouve à Serrania La Lindosa, au bord de l’Amazone. Il s’agit là selon les archéologues de choses jamais vues auparavant.

«Il y a là d’incroyables scènes de chasses», explique Mark Robinson. «De très nombreuses espèces se voient représentées, dont beaucoup se sont éteintes depuis. Il y a là des mastodontes comme des cerfs, des alligators, des chauve-souris ou des singes.» Il se trouverait même des chevaux, alors que je les croyais importés au moment de la conquête espagnole. «Beaucoup de plantes se voient également représentées.» Il faut dire que l’époque correspondait (comme pour nous) à un moment de gigantesque changement climatique (mais moins rapide). «C’est alors que la forêt amazonienne, qui n’existait pas avant, s’est peu à peu développée sous une forme tropicale.»

Des animaux grands comme des voitures

Pour son collègue José Iriarte, également relayé dans la version anglaise de «The Art Newspaper» (il y en a une autre en français, malgré le titre!), l’aspect le plus frappant de ces fresques est de voir des humains aux prises avec des animaux énormes que nous ne connaissons plus depuis des millénaires. «Certaines chasses visaient des mammifères herbivores gros comme des voitures.» Tracées avec le l’ocre, les figures se sont assez bien conservées. Il s’agira maintenant de les étudier… et selon moi aussi de les protéger. En pleine forêt encore vierge (nous ne sommes heureusement pas au Brésil!), la chose ne sera sans doute pas facile. Treize kilomètres, c’est tout de même très long...

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