Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Une citrouille à pois géante de la Japonaise Yayoi Kusama est tombée dans la mer

Victime de la tempête Lupit, la cucurbitacée a été soufflée par les vents. Il y a apparemment plus de peur que de mal. Mais c'est un événement médiatique!

La citrouille qui a été exposée en 2019 dans le cadre de la FIAC place Vendôme.

Crédits: François Guillot, AFP.

«C’est une vidéo qui fend le cœur de tous les amateurs d’arts», écrit sur son site la très élégante revue «Vanity Fair». Il ne faut pas pousser la mémé dans les bégonias, comme on aurait vulgairement dit dans mon enfance. J’avoue ainsi rester insensible aux énormes citrouilles à pois que Yayoi Kusama a multiplié en souvenir de sa lointaine enfance campagnarde. Je vous rappelle que l’artiste japonaise vient de fêter ses 92 ans. Aussi rousse que jamais.

Que s’est-il passé pour s’être dûment vu filmé? Un exemplaire desdites citrouilles se trouve depuis 1994 sur le ponton du Musée d’art contemporain de l’île de Naoshima, sur la mer intérieure de Seto. Un lieu célèbre pour ses expériences culturelles. Autant dire que la sculpture se voit exposée aux éléments. Elles sont fragiles, ces énormes bêtes-là! Une autre cucurbitacée à pois de la même artiste totémique s’est ainsi dégonflée à Paris, victimes des vents, au moment de la FIAC place Vendôme en 2019.

Sous l'oeil des caméras

Cette fois, la tempête Lupit a eu raison le 8 août de l’exemplaire de Naoshima. L’orage a frappé si fort que l’œuvre est tombée à l’eau sous l’œil (et la caméra) des visiteurs. Les journaux consultés disent bien sûr qu’elle a été «détruite». Mais vous savez comment est la presse. Elle gonfle ici l’événement. Il semble que la chose n’ait été en fait qu’endommagée. On parle par ailleurs d’une petite réparation et d’une prochaine remise en place. Autant dire que le malheur ne doit pas se révéler bien grand. Normalement, la sculpture peut du reste se voir protégée par les habitants, qui la changent rapidement de place..

En attendant, l’objet ô combien reconnaissable fait donc le «buzz», comme on dit maintenant. Outre le Net, qui diffuse les images, il y a des articles dans toute la presse internationale. Alors, «beaucoup de bruit pour rien», comme dirait notre ami William Shakespeare? Pas vraiment… C’est là une «pub» formidable pour une institution muséale. Non seulement au Japon mais partout ailleurs, où elle reste moins célèbre. A croire qu’il y a derrière le pseudo-événement un des innombrables «communicants» actuels!

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