Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Une arche naturelle de carte postale s'est écroulée dans la mer aux îles Galapagos

Après la chute d'une curiosité géologique semblable à Malte en 2017, c'est comme une répétition. Et les arbres millénaires meurent eux aussi en Californie...

L'arche des Galapagos. Avant, bien sûr...

Crédits: DR. Photo publiée sur le site de "La Matin".

J’ai lu ça dans le site du «Matin» sous la plume de Michel Pralong, et nulle part ailleurs. Comme quoi, il faut toujours diversifier ses sources. L’«Arche de Darwin» s’est effondrée sur la côte d’une des îles Galapagos, après de millénaires de bons et loyaux service. L’accident est intervenu le lundi 17 mai à 11 heures 30. Il ne reste de cette curiosité naturelle ayant fait l’objet d’innombrables cartes postales (au temps où il s’en envoyait encore) que deux pitons rocheux. Des aiguilles, si vous préférez. Fin d’une curiosité naturelle.

La chose ne semble pas avoir autrement ému le monde, désormais plus épris de virtuel que de naturel. Et cela même si le National Trust britannique comme le Fondo per l’Ambiente Italiano (FAI) n’opèrent aucune distinction entre les patrimoines architecturaux et terrestres. Il semble que l’érosion soit la cause du sinistre actuel. Mais rien n’est prouvé. Les Galapagos baignent dans une mer infestée par trois mille volcans souterrains. Il pourrait du coup y avoir eu une petite secousse sismique. Cette chiquenaude tellurique aurait donné le coup de pouce final à une structure déjà réputée fragile.

La fin des sequoias géants

Ce n’est pas la première fois depuis quelques années qu’un site s’effondre ainsi. Le 8 mars 2017, la «Fenêtre Gozo», sur un îlot au large de Malte, s’écroulait elle aussi après une forte tempête. Là, la chose se voyait à la fois prévue et crainte. Les autorités avaient tout fait afin de protéger ce site, dont ils avaient le plus éloigné que possible les touristes. Il eut fallu tout bétonner pour assurer, ce qui n’était pas vraiment souhaitable. La «Fenêtre» n’existe donc plus que sous forme de simulation par ordinateur.

En janvier 2017 déjà, aux Etats-Unis cette fois, le Pioneer Cabin Tree s’effondrait. J’avais initialement cru, au vu des images, qu’il s’agissait du célèbre sequoia «géant» de Yosemite Park, dans la Sierra Nevada. Erreur! S’il y avait bien aussi là un tunnel percé au milieu du tronc, c’est simplement parce que la connerie humaine est répétitive. La vedette du Yosemite s’était en réalité déjà effondrée sous le poids de la neige en 1969. L’arbre légendaire aurait alors eu entre mille (fourchette basse) et deux mille (fourchette haute) ans. Avec le Pioneer Cabin, nous étions cette fois dans le Calavera Big Trees Park. Autrement dit ailleurs en Californie. Cela dit, ces parcs se portent aujourd’hui très mal. Les arbres ont beau en avoir beaucoup vu de choses au cours des siècles, ils ne supportent pas les actuelles sécheresses à répétition. On parle de 45 pourcent de spécimens victimes de leur soif.

Et ensuite?

Il n’y a donc plus qu’à attendre la prochaine catastrophe. Si j’étais les Français, je surveillerais aujourd’hui attentivement les légendaires falaises d’Etretat, qui ont inspiré Courbet et Monet avant de se retrouver chez l’Arsène Lupin de «L’aiguille creuse». Jamais deux sans trois!

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