Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Un activiste veut rendre un objet du Louvre à l'Afrique. Ouille! Il est indonésien...

C'est la seconde fois que Mwazulu Diyabanza fait parler de lui pour le même type de vol médiatique. Il va se retrouver devant un tribunal parisien. Affaire à suivre...

Le deux piliers au Pavillon des Sessions du Louvre.

Crédits: Connaissance des arts

Nous sommes à l’ère des confusions. Tout le monde devrait finir par le savoir. Le problème délicat des restitution d’œuvres d’art à l’Afrique échauffe ainsi les esprits. Si les discours de Bénédicte Savoy ou de Felwine Sarr peuvent sembler soporifiques, certains aimeraient bien les mettre tout de suite en pratique. Les musée parisiens viennent ainsi de subir deux attaques d’un activiste. Je vous avais épargné la première en juin. Emery Mwazulu Diyabanza et quatre complices avaient essayé d’arracher un poteau Bari (Soudan du Sud, Mali...) au Musée du Quai Branly. Les hommes avaient été interceptés. La chose ne les avait pas empêché de trouver le temps d’envoyer une vidéo de leur «kidnapping» avorté sur Youtube. Ils voulaient ramener l’œuvre là d’où elle provenait. Il ne restait plus qu’à trouver l’endroit exact…

Tout cela a fini au tribunal. Peine légère. Mille euros d’amende. Moins de huit fois le prix d’une contravention au confinement. Mais chacun sait par les beaux-arts que les deux plateaux de la balance tenue par la Justice ne se situent jamais au même niveau. Emery vient du coup de récidiver. Au Pavillon des Sessions du Louvre, cette fois. Vous savez. L’antenne que le Quai Branly a eu dès 2000, en avant-première, au musée national. Un signe que tous les arts sont égaux, même si la France a oublié dans la bataille ceux d’Asie, entièrement restés à Guimet.

Un problème de vitrines

Cette fois, notre activiste s’est emparé d’un autre poteau, qu’il n’a pas réussi à emporter. Il a en revanche posté une nouvelle bande sur Youtube. A mon avis, l’homme n’aurait cette fois pas dû. La sculpture qu’il entendait aussi rapatrier en Afrique venait d’Indonésie. Il s’agit d’un pilier «deo» originaire de l’île de Florès. Il semble me souvenir qu’il s’agit là d’une donation Barbier-Mueller. Pourquoi cette erreur? Par méconnaissance sans doute. Mais aussi pour des raisons pratiques. La plupart des objets africains, plus petits, se trouvent ici dans des vitrines qu’il eut fallu casser. Les portants (il y a en effet la paire) pas. C’était donc plus facile.

Emery va une nouvelle fois passer au tribunal. Avec récidive. J’ignore bien sûr quel sera le verdict. Je peux en revanche vous dire, après l’avoir lu dans plusieurs médias français, le nom du délit lors de l’histoire du Quai Branly. Il s’agissait de «tentative de vol en réunion d’un objet mobilier classé». Classera-t-on du coup l’affaire?

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