Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Trois manchots font de la publicité pour le Nelson-Atkins Museum de Kansas City

Les vedettes du zoo de la ville se sont promenées dans les salles du musée. La vidéo réalisée a été postée le 15 mai. Elle circule depuis de manière virale sur la Toile.

Les manchots chez les modernes.

Crédits: DR, image tirée de la vidéo du Nelson-Atkins Museum et du Zoo de la même ville.

Ce ne sont pas des bandits, mais tout simplement des manchots. Trois d’entre eux ont eu la permission d’envahir le Nelson-Atkins Museum de Kansas City. Une ville qui, je le rappelle, ne se trouve pas au Kansas mais dansle Missouri. Il s’agissait de relancer le zoo, fermé pour quarantaine, qui a rouvert ses portes le 15 mai. Les trois vedettes de cette institution, soit Bubbles (5 ans), Maggie (7 ans) et Berkley (8 ans), servent en ce moment aussi de publicité vivante pour le musée les ayant accueillis (1). La vidéo les montrant devant un Caravage ou un Monet tourne de manière virale sur la Toile depuis trois jours.

Les manchots face aux Nymphéas de Monet. Photo DR, tirée de la vidéo du Nelson-Atkins Museum et du Zoo de Kansas City.

L’idée est née le… 1er avril dernier. A une réunion regroupant les institutions de cette petite cité à l’échelle américaine (490 000 habitants), le directeur du Nelson Atkins Julian Zugazaguitia a jeté l’idée comme une boutade. Celui du zoo, Randy Wisthoff, a saisi la balle au bond. Après tout, pourquoi pas? Les animaux, qui s'ennuyaient un peu faute de public, ont donc été introduits dans les salles. Une équipe de nettoyage était prévue. Elle n’a pas eu à intervenir. Julian Zugazaguitia a déclaré qu’il avait en temps normal des visiteurs bien plus sales qu’eux. Le parcours filmé restait bien entendu aléatoire. Personne ne connaissait les goûts des manchots en matière de peinture et de sculpture. C’est la salle Caravage qui les a plus fascinés, mais sans doute est-ce en raison des murs au rouge soutenu. Personne ne sait en revanche ce que ces bêtes pensent de l’art contemporain. La section l’abritant sont en réfection en ce moment. Il faut dire que le Nelson-Atkins, un des plus importants musées des Etats-Unis après New York ou Washington, a reçu la fantastique donation d’art moderne formée par Henry Bloch en 2017. Je vous en avais d’ailleurs parlé à l’époque. Il s’agit aujourd’hui de la mettre en place.

Personnel plus ou moins sauvé

Privé comme la plupart des institutions, le Nelson-Atkins a pour l’instant échappé au vent de panique financière qui secoue depuis la fin mars les musées états-uniens. Julian Zugazaguitia est parvenu à obtenir de ses «trustees» qu’ils ne renvoient aucun membre du personnel. Les coupes se limitent à 20 pour-cent du salaire, pour un temps de travail bien entendu réduit. Les expositions les plus chères se sont vues annulées. Construit en pleine Crise de 1929, avec des travaux échelonnés entre 1930 et 1933, le Nelson-Atkins devrait tenir le coup. Après tout Detroit y est bien arrivé après l’effondrement total de la ville des automobiles en 2013.

(1) On ne connaît pas la date de réouverture du Nelson-Atkins.

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