Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

SUISSE/Les expositions de la rentrée. Mon choix de Paul Klee à Franz Gertsch

Crédits: Keystone

Quoi de neuf en Suisse cet automne? Mon Dieu! La rentrée a commencé depuis longtemps! Le coup d'envoi me semble voir été la présentation de la Collection Hahnloser au Kunstmuseum de Berne, le l1 août. Il y a eu récemment eu depuis, entre autres, l'exposition du Kunsthaus de Zurich intitulée «Cantastorie». On rentre tôt en Suisse alémanique. Pour la Romandie, il faudra attendre près d'un mois. 

Je vous propose comme de coutume ma sélection helvétique pour l'automne. Une autre, vouée aux expositions internationales, se verra offerte demain. Inutile de préciser que mes critères demeurent parfaitement subjectifs. Je sais cependant qu'il en faut pour tous les goûts. Sur ce, accrochez votre ceinture de sécurité. C'est parti sur les chapeaux de roue.

Bâle

Chagall 1911-1919, les années-charnières. Russe, Chagall s'est révélé à lui-même à Paris. Les années précédant la guerre de 1914 marquent le sommet de son inspiration. Celle-ci ira déclinant dès 1919. Le Kunstmuseum, qui possède des œuvres de jeunesse essentielles du maître, prévoit une rétrospective de référence (du 7 octobre au 10 janvier 2018, site www.kunstmuseumbasel.ch).
Paul Klee. Ernst Beyeler aimait Klee, dont il a vendu près de 500 pièces et gardé 20 autres pour lui. La future exposition se concentrera sur la fin de la carrière du peintre germano-suisse, mort en 1940. Un fil conducteur liera les différentes œuvres rassemblées. Il s'agira de l'abstraction, dont on tend à diminuer la portée chez l'artiste (du 1er octobre au 21 janvier, site www.fondationbeyeler.ch).
Performance Process. Cet été, le Kunsthaus se penchait sur l'histoire de la performance en général. Le Museum Tinguely se concentrera, lui, sur les expériences nationales depuis les années 1960, en partant bien sur de celles, très précoces, du sculpteur. Le parcours ira ainsi de Daniel Spoerri et Urs Lüthi à Anne Rochat ou Florence Jung (du 20 septembre au 28 janvier, site www.tinguely.ch). 

Genève

Dessins italiens de la Renaissance. Le Cabinet des arts graphiques est allé regarder du côté de Düsseldorf. Son Académie a reçu au XVIIIe siècle un bel ensemble de feuilles collectées sur place par le peintre Lambert Krahe. Il y a là Raphaël, Véronèse, Giulio Romano ou les Pollaiolo. Un florilège en sera montré promenade du Pin (du 29 septembre au 7 janvier 2018, site www.ville.geneve.ch/mah). 

Lausanne

Gus van Sant, Icônes. En collaboration avec la Cinémathèque suisse, qui en montrera les films, l'Elysée proposera un créateur américain dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ratisse large. Musicien, photographe, écrivain et j'en passe, l'homme, aujourd'hui âgé de 65 ans se verra décortiqué en cinq sections thématiques (du 25 octobre au 7 janvier, site www.elysee.ch).
Ai Weiwei. Bernard Fibicher, directeur du Musée cantonal des beaux-arts, a été le premier à montrer le Chinois en Europe avant qu'il devienne une superstar. En remerciement, Ai investit l'ensemble du Palais de Rumine avec quarante œuvres créées depuis 1995. L'ensemble s'intitule «D'ailleurs, c'est toujours les autres» (du 22 septembre au 28 janvier 2018, site www.mcba.ch). 

Vevey

Franz Gertsch. On a connu, il y a longtemps, le peintre hyperréaliste. Lui a succédé un graveur créant des pièces sur bois monumentales avec la technique du criblé. Le Bernois, qui bénéficie d'un musée à sa gloire à Burgorf, revient à 87 ans au Musée Jenisch de Vevey dans une exposition curatée par son spécialiste Rainer Michael Mason (du 27 octobre au 4 février 2018, site www.museejenisch.ch). 

Winterthour

Jean Fautrier. Le peintre français n'avait plus été montré en Suisse depuis l'hommage de la Fondation Gianadda en 2004. Le voici de retour avec cent toiles et vingt sculptures couvrant tout une carrière menée en zigzags, avec des temps d'arrêt. Le parcours ira donc de la figuration brutale des années 1920 aux «Otages» nés de la guerre (du 26 août au 12 novembre, site www.kmw.ch).
Neue Sachlichkeit Schweiz. La «nouvelle objectivité» est un courant réaliste brutal qui a traversé la peinture germanique des années 1920. S'y rattachent Grosz ou Dix. La Suisse en a subi l'influence. Le Musée Oskar Reinhart montrera cent œuvres de seize plasticiens réunis autour de la personnalité de Niklaus Stoecklin (du 1er septembre au 14 janvier, site www.museumoskarreinhart.ch). 

Zurich

Admirée et brocardée, la peinture française 1820-1880. Dès le romantisme, les avant-gardes se distinguent de l'académisme, jugé stérile et dépassé. Depuis l'ouverture d'Orsay en 1986, les jugements ont été revus à la baisse pour les uns et à la hausse pour les autres. Le Kunsthaus invite à juger sur pièce de Corot à Meissonier (du 10 novembre au 28 janvier 2018, site www.kunsthaus.ch). 

Photo (Keystone): Franz Gertsch devant l'une de ses gravures.

Ce texte est immédiatement suivi d'un autre sur l'exposition Gurlitt à Berne, qui excitera les médias.

Prochaine chronique le mardi 29 août. Exposition à l'étranger. Ma sélection de l'automne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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