Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

SUISSE/Les expositions de l'été. Celles que je n'aime personnellement pas

Crédits: Nancy Yunupingu/MEG/Jonathan Watts

Ouille! Les expositions que je n'aime pas, maintenant. Notez que j'ai au moins le courage de mettre le verbe à la première personne du singulier. J'assume donc. La chose suppose un rapport, négatif, entre ma personne et une exposition. Le pire demeure tout de même l'indifférence. Parmi les propositions suisses actuelles, je formule donc des réserves pour: 

Yael Bartana, Tremblig Times. Elle est femme, Israélienne, vidéaste et filme (du moins parfois) en Pologne. Autant dire que l'actuelle pensionnaire du Musée cantonal des beaux-art de Lausanne part blindée dans la vie. Comment dire que ses films sont ce qu'ils sont sans se faire attaquer pour misogynie, anti-sémitisme et, pourquoi pas, xénophobie? Reste qu'il s'agit là d'un pensum présenté comme un rituel cathartique et qu'il est permis de beaucoup s'ennuyer (jusqu'au 20 août, site www.mcba.ch).
Diapositive, Histoire de la photo projetée. Edité chez Noir sur Blanc, le livre se révèle très intéressant. Quel rôle a joué l'écran dans la diffusion du 8e art, que ce soit dans le cadre public ou familial? Reste qu'il est difficile de le montrer dans le cadre d'un musée comme l'Elysée à Lausanne. Il y a fatalement là des séances parfois bien longues défilant les unes à côté des autres. Le côté unique de la soirée avec public se perd dans un magma d'images en tous genres (jusqu'au 24 septembre, site www.elysee.ch).
L'effet boomerang. Le MEG genevois possède une très importante et très remarquable collection d'art aborigène. Il était normal de la mettre en valeur et d'en raconter l'histoire, qui traverse celle de l'institution. La mise en scène, dans le genre galerie d'art contemporain (un «white cube» sur-éclairé), apparaît hélas insupportable et les obligatoires interventions de l'artiste contemporain semblent parfois inutiles. Objets et discours se diluent au milieu de ce décor abusif (jusqu'au 7 janvier 2018, site www.ville-ge.ch/meg).
Wolfgang Tillmans. Difficile de faire plus mode que le photographe allemand, qui a su se créer un réseau très art contemporain, chic et cher, traversant la Planète entière. La Fondation Beyeler, qui le collectionne à grands frais, offre à cet homme de 49 ans la première rétrospective qu'elle air jamais consacrée au 8e art, avec l'idée d'une «réflexion autour du médium». Quelle prétention! L'accrochage me semble aussi chichiteux que les images restent dans le fond banales (jusqu'au 1er octobre, site www.fondationbeyeler.ch).
Le travail, Photographies de 1860 à nos jours. C'est du thématique. Du lourd et du trapu. Le Musée national suisse a sorti de ses archives des clichés à la pelle pour raconter comment nos ancêtres, nos parents et nous-mêmes gagnons notre vie. Il y en a sur deux étages au château de Prangins, avec deux cabinets pour les projections en 3D, le procédé n'étant pas nouveau. L'exposition fait au moins une victime, la photo. C'est une servante. Elle n'a ici ppur objet que de documenter (jusqu'au 25 octobre, site www.nationalmuseum.ch).

Photo (MEG/Joanthan Watt). L'une des peintures aborigènes contemporaines aujourd'hui présentées au MEG genevois.

Ce texte intercalaire suit celui sur les expositions suisses respectables.

 

 

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