Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Sophie Taueber-Arp, Tacita Dean, Kara Walker. Un Kunstmuseum de Bâle au féminin en 2021

L'institution ne communique le programme que de ses principales manifestations. Il devrait s'enrichir sans peine au cours de prochains mois. Bâle possède tant de choses...

Obama et Trump vus par Kara Walker.

Crédits: Kara Walker, photo fournie par le Kunstmuseum, Bâle 2020.

Je vous ai déjà dévoilé le programme du Kunsthaus de Zurich pour 2021. Je vous ai raconté hier ce que le MCB-a de Lausanne nous mitonnait à un feu d’enfer pour les mois à venir. Je vous dois aujourd’hui les prévisions du Kunstmuseum de Bâle. Moins complètes. L’institution, qui produit des accrochages à tout-va, se contente de signaler ses «highlights». Autrement dit l’ossature sur laquelle viendront se greffer ses productions annexes. Sans trop de soucis pour remplir ses salles, pourtant. Comme le dit au Mamco son directeur Lionel Bovier: «Le Kunstmuseum pourrait vivre en autarcie, tant il possède de choses.»

Quelles seront alors les vedettes de l’année prochaine? Tout d’abord Sophie Taeuber-Arp (1889-1943). La seule femme, hors les figures allégoriques, ayant un jour orné une coupure suisse. C’était, si je me souviens bien, le billet vert de 50 francs. La Grisonne se verra présentée sous tous ses aspect de touche-à-tout. Il y aura aussi bien de la peinture abstraite que des broderies ou un théâtre de marionnettes. Montée par Eva Reifert, l’exposition est coproduite par le MoMA de New York et la Tate de Londres. Il s’agit de faire de Sophie une star planétaire. Les œuvres seront à Bâle du 20 mars au 20 juin.

Pissarro à l'automne

Une autre femme, Kara Walker, lui succédera du 5 juin au 19 septembre. Née en 1969, l’Américaine proposera vingt-cinq ans de dessins inédits. Ceux-ci se verront associés à des pièces récentes. La commissaire Anita Haldemann produira cette exposition aux caractères résolument politiques sans être corrects pour autant. Le tableau servant d’image d’appel montre en effet un Obama de peinture baroque portant la tête non pas de Goliath, mais de Donald Trump.

Sophie Taeuber-Arp et une tête Dada. Photo DR.

L’année se terminera au masculin avec un Camille Pissarro monté en tandem par Josef Elfenstein, directeur du Kunstmuseum, et le Français Christophe Duvivier. Ce sera la première rétrospective suisse dédiée au père de l’impressionnisme depuis plus de soixante ans. Elle devrait le tirer du second plan que l’homme occupe de nos jours. Je ne peux cependant pas dire que la récente présentation consacrée par le Musée du Luxembourg parisien à cet artiste mort en 1903 m’ait soulevé d’enthousiasme. Le public en jugera du 4 septembre au 23 janvier 2022.

Et au Museum für Gegenwart?

Voilà pour le Neubau. Le Museum für Gegenwart commencera, lui, par proposer la seconde partie des opulentes emplettes effectuées par la Fondation Emanuel Hoffmann. Ce sera du 28 janvier au 20 mai. Il semble me souvenir qu’un troisième volet de «Continuously Contemporary» est prévu plus tard. Une dernière artiste femme sera agendée ici entre-temps. Il s’agit de la Britannique Tacita Dean. Les visiteurs pourront en voir du 8 juin au 26 septembre son film «Antigone» de 2018. Site de référence www.kunstmuseumbasel.ch

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