Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Rouen s'enrichit d'un musée pour Pierre Corneille et d'un autre pour Gustave Flaubert

La RMM, qui réunit les institutions de la Métropole, passe ainsi de huit à onze établissements. Le côté littéraire y rattrape le côté artistique.

La façade de la maison natale de Pierre Corneille.

Crédits: RMM

Il faut soigner ses gloires littéraires. Du coup, la Réunion des Musées Métropolitains Rouen, dont le sigle RMM va finir par faire concurrence à la RMN (Réunion des Musées Nationaux), passe de huit à onze membres. Un vrai chapelet, comme pour les saucisses, ou jadis les bas Dim. De quoi donner du travail au directeur Sylvain Amic, qui a commencé avec le Musée des Beaux-Arts! Il faut dire que la ville, en dépit de sa modeste taille actuelle (1), nourrit de grosses ambitions culturelles.

L'intérieur restitué de la maison natale de Pierre Corneille. Photo fournie par Rouen Métropole.

Quels sont les nouveaux-venus, tout n'ayant pas été créé à partir de rien? Il y a d’abord la Maison natale de Pierre Corneille (1606-1684). L’auteur dramatique a hérité en 1639 cette demeure à colombages de son père avec Thomas. Son frère très cadet. Dix-neuf ans de moins. Un auteur de tragédies aussi célèbre que son aîné en son temps. Le petit immeuble se trouvait dans la famille depuis 1584. Il se voyait accompagné à l’époque d’un jardin interne et d’une «grande maison», aujourd’hui disparus. Pierre Corneille a revendu son lieu de naissance, qui lui servait de part, en 1683, alors qu’il vivait à Paris. La maison va à la fois célébrer sa mémoire et donner une idée intérieure de ces jolies résidences anciennes, comme il en subsiste tant à Rouen. Elles se trouvent souvent en très mauvais état, hélas. Le colombage est fragile. Notons qu’il s’agira pour Corneille d’un second musée, le premier se trouvant au Petit-Couronne.

Doublé Flaubert

Qui dit Rouen pense Gustave Flaubert (1821-1880). Le petit pavillon de Croisset, où il a notamment écrit «Madame Bovary», «L’éducation sentimentale» ou «Bouvard et Pécuchet», rentre aussi dans le giron de la RMM. Ce sera également un second Musée Flaubert, dans la mesure où il existe le Musée Flaubert et de l’Histoire de la médecine, rue Lecat à Rouen (2). La petite maison se voyait également naguère flanquée d’une grande, vendue en 1882 et aujourd’hui démolie. L’intérieur du pavillon a été réaménagé en résidence provinciale de la seconde moitié du XIXe siècle. Nous sommes, vous l’avez remarqué, dans l’année Flaubert. Le bicentenaire de la naissance. La grand messe estivale 2021 du Musée des beaux-Arts tournera du coup autour de «Salammbô», dont la publication en 1862 a entraîné un goût nouveau pour une Carthage fantasmée. Coproduite avec le Mucem de Marseille et le Bardo de Tunis (la ville moderne qui a peu à peu grignoté l’antique Carthage), l’exposition sera visible à Rouen du 23 avril au 19 septembre. Si tout va bien…

Omar Sy dans "Lupin". Photo Netflix.

Il y a un nom manquant sur la liste. C’est celui de Maurice Leblanc, mort en 1941. Un romancier nettement plus populaire. Lui aussi a vu le jour à Rouen. C’était en 1864. Il a vécu dans un petit immeuble jouxtant littéralement le Musée des Beaux-Arts. Une quinzaine de mètres à peine. Une plaque s’est vue posée sur la façade il y a deux ou trois ans. L’homme occupe pour le moins l’actualité 2021. Le feuilleton «Lupin», avec Omar Sy, pulvérise des records d’audience dur Netflix. Il s’agit, mais je suppose que vous le savez déjà, des aventures revisitées, et surtout actualisées, d’Arsène. Il y a quelques jours, cette série avait déjà reçu la visite de 70 millions d’abonnés dans le monde. Une première pour une production au départ française. Cela dit, Leblanc possède lui aussi déjà un musée pour lui tout seul. Il se situe à Etretat, tout près de «L’Aiguille creuse». Etretat a eu là le nez creux!

(1) Au XVIIe siècle, Rouen constituait «la seconde ville de France», grâce à son port sur la Seine.
(2) C'est grâce à ce dernier, englobé dans l'opération, que peut se faire le saut à onze musées, et non pas à dix.

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