Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Rosa Turetsky propose de la sculpture contemporaine dans un immense domaine d'Hermance

"Hermance 2021" regroupe des oeuvres dues à dix sculpteurs et sculptrices suisses ou liés à la Suisse. Tous les styles se voient représentés.

L'oeuvre de Jacques Kaufmann vue du ciel.

Crédits: Photo Jacques Kaufmann, galerie Rosa Turetsky, Genève 2021.

C’était en septembre 2018. Rosa Turetsky installait une exposition en plein air pour l’automne à Hermance. Il y avait des sculptures dans un jardin. Les artistes contemporains qui en étaient les auteurs faisaient partie de son univers proche. Un petit Bex & Arts en terre genevoise. Je vous en avais alors parlé. Il s’agissait d’une expérience, que je pensais unique. C’était oublier que tout succès invite aujourd’hui à réitérer la chose. La galeriste est donc partie le 28 août pour une seconde édition intitulée «Hermance 2021».

Dans la propriété d'Hermance. Au fond, la sphère d'acier inoxydable est d'Etienne Krähenbühl. Photo galerie Rosa Turetsky, Genève 2021.

Le décor reste bien sûr le même. Il s’agit d’une immense propriété en bordure du lac. Des hectares. A l’heure où toute la rive gauche se construit, en faisant pousser d’atroces petites villas (qui ont l’air de boîtes en carton) avec trois mètres cinquante de jardin autour, le domaine des Naef renvoie à un passé campagnard très lointain. Il y a là des arbres centenaires, qui sont après tout des sculptures vivantes. Des moutons bien réels, qui ne sont pas dus aux talents conjugués des statuaires Claude et François-Xavier Lalanne. J’ai même aperçu en train de brouter un âne comme je ne pensais pas que le canton en recelait encore. Nous sommes d’un coup très loin d’un Genève urbanisé à outrance, qui n’en finit plus de champignonner.

Une sculpture à voir du ciel

Dix artistes se sont vus sélectionnés pour cette deuxième mouture. Ils donnent dans tous les genres. Ceux-ci vont du réalisme stylisé d’Olivier Estoppey, la superstar de «Bex & Arts», qui propose ici des paons de ciment, aux idées conceptuelles avec des signaux de signalisation imaginés par Lukas Berchtold. Il y a aussi, pour risquer des comparaisons alimentaires, les œufs en neige d’Isabelle de La Touche, les nids d’abeille d’Andrea Wolfensberger ou les cannes à pêches s’agitant au gré du vent de Jean-Louis Perrot (une vraie réussite que ces dernières!). Laurent de Pury a bien sûr conçu trois pièces abstraites en se servant de bois de chêne. Quant à Jacques Kaufmann, il a bâti de nouveaux murs de brique de Bardonnex, après ceux du parc de l’Ariana. Sa déesse «dormait depuis plusieurs éternités». Mais seul un dieu peut la voir. Ou alors un drone. Le point de vue idéal se situe haut dans le ciel, qui se révélait d’un bleu éclatant le jour de l’inauguration.

Les autres pièces posées sur le gazon sont de Carmen Perrin, Jean-Marc Aguilar et Etienne Krähenbühl. Bonne visite!

Pratique

«Hermance 2021, Sculptures en plein air», 15 chemin des Fossés ou 483, route d’Hermance, jusqu’au 6 novembre. Site www.rosaturetsky.com Ouvert tous les jours de 11h à 17h. Entrée gratuite.

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