Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

ROME/L'entrée au Panthéon va-t-elle bientôt cesser d'être gratuite?

Crédits: DR

J'ai lu cela dans «Le Monde». Ou plutôt sur le site du quotidien. Le Panthéon de Rome sera sans doute bientôt payant à l'accès. La décision, manifestée par le Ministre de la culture dès le 11 janvier, a fait son chemin, en dépit de nombreuses oppositions. Pour beaucoup de politiciens, le temple romain tôt transformé en église fait partie de la vie quotidienne dans capitale italienne. On y rentre et on en sort comme d'une gare ou d'un grand magasin. Il ne faut rien y changer.

A vrai dire, pour Dario Franceschini, il s'agit de trouver des fonds. Il en faut pour maintenir à flots le monument antique, tout d'abord. Des sous permettraient ensuite de financer la restauration de nombreux lieux artistiques et patrimoniaux moins visités. Ceux pour lesquels le sponsoring, qui marche au taux d'audience, se révèle impossible. L'homme est en effet un vrai ministre de la culture, comme le pays n'en avait plus connu depuis Walter Vetroni et Giovanna Melandri. Il se préoccupe de l'héritage, ce qui n'est guère le cas en France. Or, si l'Italie compte le plus gros patrimoine mondial, Francheschini ne dispose que du 0,17% du budget national. Un des plus faibles taux d'Europe.

Des exemples de Vérone à Florence 

Ce ne serait en plus pas la première fois qu'une ville italienne instaurerait le paiement d'un billet pour des églises. Tout a commencé à Vérone, il y a bien longtemps. Venise s'y est mis en créant une chaîne de bâtiments religieux visitables à heures fixes dans de bonnes conditions (Saint-Marc reste en revanche gratuit). Florence a suivi, en faisant monter très haut les tarifs. Mais tout est très bien organisé dans la ville toscane, où la visite de Santa Maria Novella, pour prendre un seul exemple, se révèle désormais hyper complète, cloîtres compris. Il suffit par ailleurs de voir la file d'attente pour accéder au Dôme de Milan, ou du moins à certaines de ses parties.

Il y a là une question morale et une autre d'argent. Plus, après coup, une troisième d'habitude. Normalement, un coin libre se voit toujours laissé aux fidèles. Mais y en a-t-il vraiment beaucoup au Panthéon, submergé par les foules, et où le public n'éprouve pas le moindre sens du sacré? Reste la dernière question, pour le moins terre à terre. Pour visiter le Panthéon, ce serait combien? Deux euros ou dix euros, ce n'est pas tout à fait la même chose...

Photo (DR): La coupole du Panthéon, la plus large laissée par l'Antiquité.

Texte intercalaire.

 

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