Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

REVUE/Connaissez-vous "L'imprévisible" qui nous vient du Valais?

Crédits: DR

Une nouvelle revue culturelle. Une de plus, aurait-on murmuré jadis. Aujourd'hui moins. Ces grosses plaquettes pleines de textes exigeant une certaine attention de la part des lecteurs se font rares. Nous ne sommes plus dans la première moitié du XXe siècle. Aussi faut-il saluer le courage de la petite équipe tournant autour de «L'imprévisible». Et ceci d'autant plus que ce non-périodique ne nous vient ni du canton de Vaud, ni du Jura, comme on aurait pu le croire originaire, mais du Valais. Un canton que l'on voit trop facilement comme un désert intellectuel. 

«L'imprévisible a fait le choix d'être une revue imprimée. Ce choix est fondamental. Il ordonne une façon de travailler, il impose une manière de lire», disait le premier éditorial dans le numéro, paru en novembre 2015. De même que le suivant, sorti en mars 2017, ce livre possède un fil conducteur. Au propre comme au figuré, puisqu'il s'agit ici de l'autoroute 9 reliant le Valais au monde et faisant courir le monde à travers le Valais. Il s'agissait d'illustrer de thème. Le photographe Bernard Dubuis en montre donc la naissance souterraine, tandis que le peintre Jean-Frédéric Schnyder a donné 119 paysages autoroutiers. Les cinéastes Ursula Meier et Jacob Berger parlent «road movies». Un brigadier, un camionneur, un chroniqueur musical racontent leur ruban de bitume. Il se passe bien des choses sur une autoroute. Certains de ses bas-côtés servent même discrets de lieux de drague. Puisque nous sommes dans un non-lieu, on pourra toujours croire ensuite qu'il ne s'est rien passé...

Dans les stations de montagne

Grégoire Favre est le pivot de cette première édition. On le retrouve tout au long du sommaire. Un drame s'est produit entre sa publication et la conception du numéro suivant. Guillaume est mort prématurément, une nuit d'octobre 2016. Il a fallu en faire le deuil avant de se remettre au travail. Le second numéro de cette revue unissant la littérature, la photographie, le dessin, l'art contemporain, l'histoire de l'art et le graphisme se situe dans les stations de montagne. Nous sommes ici «entre authenticité et artifice, nature et bétonnage, histoire et mythologie, indigène et touriste». Un élément domine, le divertissement. Un loisir aujourd'hui menacé par d'autres habitudes, et que met à mal un récurrent manque de neige en hiver. Notez que la chose ne déplaît pas à tout le monde. Contestataire professionnel, Frédéric Pajak s'écrie ainsi «A bas la neige». 

Je ne sais pas quand sortira le numéro 3, sans doute en gestation. C'est Olga Editions, une micro maison établie à Genève, qui assume l'impression. «L'imprévisible» cherche bien sûr des lecteurs et des soutiens. Le simple fait de le demander à la caisse peut ouvrir des horizons aux libraires.

Photo (DR): La couverture du premier numéro.

Texte intercalaire.

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