Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Repoussé pour cause d'épidémie, Art/Basel Hongkong se déroule sur le Net

Le site a été ouvert d'abord aux invités. Il l'est en ce moment pour le grand public. Certains s'interrogent pour savoir si ce ne serait pas l'avenir du marché de l'art.

L'enseigne de la foire à Hongkong.

Crédits: Art/Basel.

Il fallait s’y attendre. On sait depuis début février que la huitième édition d’Art/Basel Hongkong n’aurait pas lieu. Même celle de Bâle, qui se déroule en juin, reste en suspens. La manifestation disposait par conséquent d’assez de temps pour se retourner en Chine. L’ouverture des portes au grand public devait avoir lieu le 19 mars, après les rituels deux journées de vernissage.

Qu’a donc fait le salon? Mais ce qui est dans l’air du temps! Art/Basel Hongkong se déroule en 2020 d’une manière virtuelle, mais finalement plutôt classique. Seuls les invités ont pu consulter le site les deux premiers jours. Celui-ci se voit accessible à tout le monde depuis hier, le 19 mars donc. Gratuitement. Sans file d’attente. Il y a là le menu de 235 galeries internationales à consulter jour et nuit jusqu’au 25 mars. Le délai a en effet été prolongé de quatre jours. En temps normal, la foire aurait fermé ses portes le soir du 21.

Mise en scène rudimentaire

Selon ma consœur Emmanuelle Jardonnet, dont je pille ici sans vergogne l’article paru sur le site du «Monde», le tout ne semble pas très jojo. Les exposants se retrouvent par ordre alphabétique. D’autres recherches, plus pointues, peuvent se voir faites. Avec les noms des artistes, par exemple. La mise en scène demeure tout ce qu’il y a de plus rudimentaire. Il y a un mur blanc. Un banc posé en dessous donne l’échelle (j’espère que la dimension de ce dernier est donnée, au moins). Un stand virtuel ne peut comporter que dix œuvres au maximum, dont le montant demandé à l'acheteur se voit indiqué. Tout cela a un prix. C’est Art/Basel qui le paie en partie. Les exposants ont été remboursés à hauteur de 75 pour-cent de leur participation financière. Le reste a permis de créer le site.

La grave question que l’on se pose est naturellement la suivante. S’agit-il là d’un pis-aller, comme nombre d’exposants le pensent, au du marché de l’art de l’avenir? L’interrogation est très française dans la mesure où nos voisins poussent au maximum le virtuel, quitte à s’éloigner des gens avec les conséquences sociales que l’on sait. Il suffit de voir certaines publicités. Le message semble clair. C’est: «ne sortez plus jamais de chez vous.» C’est: «ne parlez plus directement avec personne». Bref. Un avenir radieux. Heureusement que les foires constituent avant tout des événements mondains. S’il y a deux jours entiers de vernissages à Bâle ou à Maastricht, ce n’est pas pour des prunes!

P.S.1 Je l'ai lu hier soir. Shanghai vient de rouvrir ses musées. Avec de petites jauges tout de même. Pas trop de monde à la fois. Soyons prudents!
P.S.2 Art/Dubaï aura également lieu de manière virtuelle à partir du 23 mars. Regardez donc Internet!

Capture d'écran de l'une des fiches. Un Zao-Wou-Ki, artiste chinois comme par hasard, chez Applicat-Prazan.

Pratique

Site: www.artbasel.com/hong-kong

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