Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que voir en Suisse courant 2020? Mon libre choix de dix expositions

Il y aura énormément de choses. Voici quelques manifestations de prestige. De l'art ancien. Du contemporain. De la photo. Et un peu d'ethnographie pratique.

Edward Hopper. L'essentiel sera à la Fondation Beyeler.

Crédits: Succession Edward Hopper, Smithsonian, New York, Fondation Beyeler, Bâle 2020.

Nouvelle année. Nouveau calendrier. Que se passera-t-il dans les musées et fondations suisse en 2020)? Beaucoup de choses, bien sûr! Ils (et elles) sont aujourd’hui si nombreux! Il m’a donc fallu opérer un choix, parmi toutes ces propositions. En voici dix. Demain, je vous signalerai dix autre manifestations annoncées en Europe.

Bâle

Edward Hopper à la Fondation Beyeler. Huit ans après le Grand Palais parisien, dix ans après l’Hermitage de Lausanne, Bâle va montrer les chefs-d’œuvre du peintre américain. Des tableaux qui ont souvent servi pour des couvertures de livres. Les Beyeler ont dû s’entendre avec le Smithsonian, qui détient une grande partie de l’œuvre. L’essentiel de Hopper, né en 1882 et mort en 1967 sera là. Une plongée dans une certaine forme d’américanité (du 26 janvier au17 mai. La Fondation montrera par ailleurs Goya du 17 mai au 16 août, www.fondationbeyeler.ch)

L’Orient de Rembrandt au Kunstmuseum. Né en 1606, mort en 1669, le peintre n’a jamais quitté la Hollande. Mais il ne faut pas oublier qu’Amsterdam dominait alors le commerce mondial et que les Néerlandais restaient les seuls à échanger avec les Japonais. D’où cette exposition qui montrera des autoportraits en turbans, des copies d’après des miniatures mogholes ou des estampes tirées sur un papier venu de Nagasaki (du 31 octobre au 14 février 2020, www.kunstmuseumbasel.ch)

Berne

El Anatsui, Triumphant Scale au Kunstmuseum. C’est sans doute l’artiste le plus célèbre d’Afrique. Le Ghanéen a été révélé par une Biennale de Venise en 1990. Il y représentait encore son pays, pour la première fois présent dans la Ville des Doges en 2019. Entre-temps, le monde entier a admiré ses rideaux drapés utilisant comme matière première des capsules de bouteilles colorées. La présentation bernoise est coproduite avec Munich (du 13 mars au 21juin, www.kunstmuseumbern.ch)

Et Anatsui, "Gravity and Grace", 2010. Photo courtesy Jack Shainman Gallery, New York.

Genève

Olivier Mosset au Mamco. Il a aujourd’hui un physique de vieux «biker» américain. Normal! Le Bernois, âgé de 75 ans, vit depuis 1977 aux Etats-Unis. On se souvient du groupe français B.M.P.T (c’était lui le M). On se rappelle les tableaux blancs avec un petit cercle noir au milieu.Le Mamco va nous offrir la totale. Soixante ans d’activité sur la quasi totalité des surfaces de l’institution. Il faut dire que du Mosset, cela peut se révéler énorme! (du 26 février au 21 juin,www.mamco.ch)

Olivier Mosset, qui sera la vedette du Mamco. Photo DR.

Une Odyssée photographique, Fred Boissonnas et la Méditerranée au Musée Rath. Genève a enfin acquis le fonds du photographe (1858-1946). Une affaire qui a bien traîné vingt ans. Il manque à l’appel la partie grecque, achetée par le pays intéressé et aujourd’hui inscrite au Patrimoine de l’Unesco. Le choix du sujet peut du coup paraître étrange. Mais Boissonnas n’a plus été montré au Rath depuis des décennies (du 24 avril au 27 juillet, site www.institutions.ville-geneve.ch/mah)

Lausanne

A fleur de peau,Vienne 1900 au MCB-a. En 2019, le Musée des beaux-arts a rouvert en grandes pompes à Plateforme10. Voici sa première grande exposition. Il s’agira d’explorer les modernités viennoises. Il y aura bien sûr Klimt et Schiele. Mais pas seulement. Les arts décoratifs et l’architecture se retrouveront aussi à l’honneur avec des œuvres venues de la capitale autrichienne, mais aussi de Zoug (du 14 février au 25 mai, l’institution présentera également Jean Otth du 19 juin au 13 septembre et Kiki Smith du 9 octobre au 10 janvier 2011,www.mcba.ch)

Martigny

Gustave Caillebotte, Impressionniste et moderne à la Fondation Gianadda. Riche dilettante, Caillebotte (1848-1894) est longtemps resté connu comme mécène. Non commercialisé à l’époque, son œuvre étrange et fascinant constitue une des grandes redécouvertes de ces trente dernières années. Il n’avait plus fait l’objet d’une rétrospective en Suisse depuis 2005. Le problème est d’avoir les grands tableaux, qui ne voyagent que difficilement (du 19 juin au 22 novembre, www.gianadda.ch)

Neuchâtel

Le mal du voyage au MEN. Le musée vient de connaître deux ans de travaux. La salle temporaire, bâtie dans les années 1950, va rouvrir ses portes. Elle le fera avec le tourisme. Un thème bien dans la veine initiée par Jacques Hainard. En douze salles, le visiteur pourra découvrir ce qui est devenu l’un des maux du siècle après avoir incarné la curiosité aristocratique au XVIIIe. Une réflexion sur une des formes actuelles de mobilité humaine (du 26 janvier au 29 novembre, www.men.ch)

Winterthour

La Collection Richard Bühler au Kunst Museum. Mort en 1967 à 88 ans, l’homme a fait partie du groupe d’amateurs formé à Winterthour dans les années 1910 autour d’Hedy Hahnloser. Une dame qui était du reste sa cousine. Bühler s’est donc constitué un ensemble composé de Vallotton, de Bonnard, de Redon ou de Vuillard. C’est à croire que tout le monde devait acheter la même chose comme signe d’appartenance. Il y a là de quoi réfléchir… (du 28 août au 31 janvier, le musée montrera aussi 100 autoportraits de Gerhard Richter du 21 mars au 4 octobre, www.kmw.ch)

"Le bateau de pèche" (1908) d'Edouard Vuillard, qui appartenait à Richard Bühler. Photo Kunst Museum Winterthour 2020.

Zurich

Wild At Heart au Kunsthaus. Il ne s’agit pas d’art abstrait américain, comme on pourrait le penser de prime abord. Le musée entend ainsi rendre hommage aux Romantiques suisses. Le parcours ira de Füssli à Böcklin, avec quelques étapes inattendues. Charles Gleyre ou Alexandre Calame ont aussi participé à ce mouvement dans leur jeunesse (du 4 septembre au 6 décembre. Le musée accueillera auparavant une immense installation d’Olafur Eliasson dans l’aile Bührle du 17 janvier au 22 mars, www.kunsthaus.ch)

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