Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que voir d'urgence en Suisse parmi les nouvelles expositions? La suite du programme

Voici encore cinq expositions qui viennent d'ouvrir ou de rouvrir, peut-être provisoirement. Il y a là de la photo, du design, de la peinture et des arts premiers.

Une chaise Thonet du XIXe siècle. Un chef-d'oeuvre du "design" pour Bruno Monguzzi.

Crédits: Museum für Gestaltung, Zurich 2020.

Les expositions se présentant sous la forme de choix raisonnés, maintenant! Avec un petit remord tout de même. J’aime aussi beaucoup l’actuelle présentation du Musée Barbier-Mueller de Genève, qui a ouvert ses portes le 15 décembre. Hier, donc. Mais il me fallait bien varier les villes… Cela dit, ce n’est pas tous les jours que notre cité peut présenter simultanément trois nouveautés de qualité!

Berne

Annemarie Schwarzenbach photographe. Morte en 1942, la Zurichoise est devenue une icône helvétique faite de révolte et de départ vers les lointains. D’où le titre de l’exposition du Zentrum Paul Klee, rouverte après clôture le 15 décembre. Nous sommes dans les «Départs sans destination». Les images retirées pour cet accrochage, plutôt bien fait, ont au départ servi à illustrer les articles de la voyageuse. Elles ont surtout le mérite de montrer des pays comme l’Afghanistan dans leur état des années 1930. Prolongé jusqu’au 1er mai 2021, site www.zpk.org

Genève

Wa-Sabi, la beauté dans l’imperfection. On connaît le photographe Steve McCurry, infatigable globe-trotter. Pas besoin ici de présenter les collections du musée. Le mariage des deux n’allait pas de soi. Il se révèle parfait. Chaque image se voit mise en regard d’une œuvre avec laquelle elle entretient une parenté visuelle. Un grand masque planche africain, à motif de carrés, peut ainsi se retrouve à côté d’un décor médiéval également quadrillé, découvert à Cinecittà. Et ainsi de suite. Ce jeu vaut largement la chandelle. Jusqu’au 15 juin, site www.barbier-mueller.ch

La Chaux-de-Fonds

Camille Graeser, Devenir concret. Né à Carouge en 1892, l’homme a fait carrière dans l’Allemagne de la République de Weimar comme ensemblier, puis à Zurich en tant que peintre et enseignant. S’étant mis au pinceau tard, il a pu participer à l’aventure de l’abstraction pure et dure qui s’est développée dans la cité alémanique des années 1940 et 1950. Bien conçue, la rétrospective du Musée des beaux-arts allie ses œuvres avec celles de ses compagnons de route Max Bill, Verena Loewensberg ou Richard Paul Lohse. Jusqu’au 15 janvier, site www.chaux-de-fonds.ch Ouverture actuelle non garantie.

L'une des pièces de Graeser présentée à La rétrospective. Photo Succession Camille Graeser, Musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds 2020.

Zurich

My Collection, Bruno Monguzzi. A 79 ans, le graphiste tessinois a reçu une carte blanche du Museum für Gestaltung. Il s’est vu prier de librement prendre, parmi les quelque 500 000 pièces des collections de ce fonds d’arts appliqués, de quoi remplir une immense salle du Toni-Areal. L’homme a pratiqué un choix très honorable, qui laisse la part belle à la création dans notre pays depuis l’avant-guerre. La sélection peut juste sembler très attendue et un brin passéiste. Où est la création depuis 1970? Jusqu’au 14 février, site www.museum-gestaltung.ch

Traits croisés, Hendrick Golzius et Agostino Carracci. Ils se sont sans doute rencontrés à Bologne en 1591. Le Néerlandais, qui voulait voir Rome, était alors une superstar de la gravure au burin. Carracci faisait partie d’une célèbre famille de peintres, et il travaillait aussi le cuivre. Les rapports entre ces deux artistes, admirablement représentés dans le fonds de l’ETH (la salle d’exposition se trouve dans l’école), n’avaient jamais été étudiés. Les comparaisons tiennent. Un événement indispensable certes, mais pour de «happy few». Jusqu’au 14 mars 2021, site www.gs.ethz.ch

Le célèbre "Hercule et Cacus" de Goltzius, exécuté sur plusieurs planches de bois, afin de permettre le clair-obscur coloré. Photo ETH, Zurich 2020.

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