Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que voir dans les galeries genevoises? Cinq propositions avant Artgenève

Un travail de marchand ne se limite pas aux foires. Voici donc ce que l'on peut aujourd'hui voir aux Bains ou ailleurs de Chritian Floquet à Yves Boucard en passant par Omar Ba.

Un mur avec des petits formats de Christian Floquet. Il y a aussi de grandes pièces chez Joy de Rouvre.

Crédits: DR, photo fournie par la galerie Joy de Rouvre.

Le 30 janvier, ce sera le vernissage d'Artgenève et accessoirement du PAD. Tout le monde le sait, même s'il me semble difficile de prétendre que l'affiche constitue une bombe graphique. Le 17 janvier, comme je vous l'ai dit, les Bains et quelques autres galeristes présentaient en ville leur dernière exposition en date. Il s'agissait de prolonger l'événement en amont. Les gens ne doivent pas oublier que les marchands travaillent toute l'année, et ce dans un lieu précis. Cela dit, le 17 a été une petite catastrophe. Il n'y avait pas grand monde pour découvrir ce que les lieux genevois pouvaient présenter de neuf. D'autres présentations ont eu lieu depuis, de la Corraterie à Carouge. Je vous propose un petit choix personnel, n'engageant que ma modeste personne. A cette sélection, il faudrait ajouter la rétrospective de Skopia pour ses 30 ans, dont j'ai déjà parlé.

Christian Floquet chez Joy de Rouvre. Elle lui avait déjà demandé une fresque murale et des gravures quand elle se trouvait à Carouge. A 58 ans, le Genevois revient dans son nouvel espace de la rue des Vieux-Grenadiers. Il n'a bien sûr pas changé de style pour autant. L'homme reste fidèle à son abstraction géométrique, avec de grands aplats colorés. De la peinture directement sortie du tube industriel. C'est faussement anonyme, car on le reconnaît tout de même bien là. Chaleureux. Architecturé. Sobre. Et pour tout dire, en employant le grand mot aujourd'hui interdit, décoratif (jusqu'au 2 mars, www.galeriejoyderouvre.ch).
Andrea Gabutti chez Rosa Turetsky.
C'est un habitué. Rosa est une fidèle, qui travaille sur le long terme. Elle propose cette fois du Tessinois de grands dessins et des tableaux ressemblant à des dessins. Le tout en noir et blanc, bien sûr. La galeriste aime les accords sobres entre ces deux teintes qui constituent aussi des couleurs. Il y a là des œuvres anciennes (Gabutti à 57 ans) et d'autres toutes récentes. L'accrochage reste cependant parcimonieux. Il y a en tout et pour tout dix œuvres sur deux étages. Qui dit moins? (jusqu'au 2 mars, www.rosaturetsky.com)
Yves Boucard/Manuel Müller chez Lionel Latham. Là aussi, je note de lointaines connivences. Lionel expose Boucard depuis le temps où il était rue Sismondi. Il en a suivi l'évolution. On sait que le Vaudois crée des meubles de plus en plus fous. On peut pourtant s'asseoir en toute sécurité sur ces sculptures aériennes. Les nouveaux sièges (il y a aussi une table) font bon ménage avec les statues de bois de Manuel Müller, qui s'articulent comme des retables. Les volets se referment, créant des boîtes pleines ou de nouvelles compositions (jusqu'au 16 février, www.galerie-latham.com)

L'une des toiles d'Omar Ba présentées chez Wilde. Photo fournie par la galerie.

Omar Ba chez Wîlde. Le Sénégalais a été l'une des grandes découvertes de Guy Bärtschi quand ce dernier exposait route des Jeunes. Formé à Dakar, puis à la HEAD genevoise, Ba s'est fait remarquer ici, avant de passer dans les grandes galeries parisiennes. Anne de Villepoix, puis Daniel Templon. L'homme se retrouve maintenant partout où il faut être, sans avoir perdu pour autant sa forte personnalité. Wilde présente des œuvres récentes, d'assez petites tailles et moins sombre que celles auxquelles l'artiste nous avait habitué (jusqu'au 8 mars, www.wildegallery.ch)

L'une des grandes compositions de Christine Gaillard. Photo fournie par Artdynasty.

Christine Gaillard chez Artdynasty. On l'avait vue à Andata ritorno. La revoici, dans la Vieille Ville, à Artdynasty, sous un signe de «Silence et plénitude» qu'elle partage avec deux autres artistes, russes ceux-ci. Christine peint des œuvres abstraites et lyriques. La vingtaine de couches de peinture qu'elle superpose confère à ses toiles une réelle profondeur. Née à Winterthour en 1966, formée à l'ECAL de Lausanne puis à Paris, Christine produit de manière discrète à Yverdon. Elle mériterait un coup de pouce, ou plutôt de projecteur (jusqu'au 23 février, accès au site depuis ce blog problématique)

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