Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que voir à l'étranger en 2020? Ma libre sélection de dix expositions

Le choix se révèle bien sûr énorme. Voici quelques idées pour Paris, Londres, Rome ou Gand. Attention! La plupart de ces manifestations espèrent drainer un large public.

"La fanciulla di Vulci". L'un des antiques de la Collection Tolornia, formée au XVIIIe siècle.

Crédits: DR

La suite maintenant…Après la Suisse hier, l’Europe aujourd’hui. Du moins les villes touristiques les plus proches. Celles qui informent le mieux. Notez que cela dépend des nations. Pour des pays comme l’Allemagne ou la Belgique, il semble difficile de dire que le visiteur se sente encouragé. Il faut beaucoup chercher cité après cité sur Internet pour trouver finalement fort peu de choses. Comme pour les expositions helvétiques, je vous fait dix suggestions. Il y aurait bien sûr des myriades d’autres choses à conseiller.

Florence

Tomás Saraceno au Palazzo Strozzi. Après l’omniprésente Marina Abramovic, le palais réserve sa prochaine exposition contemporaine à l’Argentin, qui fait sensation partout où il passe. Je vous ai raconté son séjour du Palais de Tokyo, où ses araignées avaient drainé les foules en 2018-2019. A l’intention de Florence, cet artiste de 46 ans a prévu une immense installation pour laquelle ses petites bêtes devront énormément travailler. Elle occupera le plus clair du bâtiment (du 22 février au 19 juillet, www.palazzostrozzi.org)

Gand

Van Eyck, une révolution optique au Musée des beaux-arts. Depuis 2012, une équipe de spécialistes restaure «L’Agneau mystique», terminé en 1432. Et ils n’ont de loin pas fini leur travail ! Une partie du retable pourra néanmoins se voir présentée pour cette exposition de prestige réunissant environ 80 œuvres. Seule une dizaine seront cependant des mains d’Hubert et Jan van Eyck. La liste n’est pas encore connue, mais les tractations sont de type diplomatique. Les Arnolfini ne feront ainsi sans doute pas le voyage depuis Londres (du 1er février au 30 avril, www.mskgent.be)

Londres

Angelica Kaufmann à la Royal Academy. Elle est née à Coire en 1741. Son père l’a fait voyager en enfant prodige, comme Mozart. Devenue grande, elle a gagné Londres en 1766, devenant membre fondateur de la Royal Academy en 1768. Plus tard, le salon romain de cette portraitiste, qui se serait bien vue peintre d’histoire, a été fréquenté par l’Europe entière. Le philosophe Herder appelait Angelica la dixième muse. Düsseldorf et Londres coproduisent cette rétrospective (du 28 juin au 20 septembre, www.royalacademy.org.uk)

L'un des très nombreux autoportraits d'Angelica Kaufmann. Photo DR.

British Baroque à la Tate Britain. Le baroque anglais, qui s’étend au retour sur le trône des Stuart en 1660 pour se terminer avec la mort de la reine Anne en 1714 demeure une terre inconnue. Aucun intérêt réel ne s’est manifesté jusqu’ici. Il y a juste eu l’exposition de la Queen’s Gallery sur Charles II en 2017. La Tate va montrer des tableaux, mais parler aussi d’arts décoratifs et d’architecture. C’est le moment où Londres se reconstruit après son Grand Incendie de 1666 (du 5 février au 19 avril, www.tate.org.uk)

Paris

La Collection Pinault à l’ex-Bourse du Commerce. Après ses deux sièges à Venise, la Fondation Pinault investit la capitale français avec l’aide de la Mairie. La Bourse du XIXe (avec un reste du palais de Catherine de Médicis) a été repensée à l’intérieur par l’architecte Tadao Ando. On ignore encore le contenu des premières expositions, qu’on espère un peu moins froides qu’en Italie. Elles se dérouleront sur deux étages. Il y aura un auditorium et un restaurant «bistronomique». Il s’agit de faire la pige à la Fondation Vuitton! (dès juin, www.collectionpinaultparis.com)

Gabrielle Chanel, manifeste de mode au Palais Galliera. Cela fait des âges que le musée de la mode de la Ville est de Paris est en travaux. Il doit s’agrandir par un sous-sol. Les travaux vont enfin sur leur fin, mais la date de réouverture restait jusqu'à ces derniers jours dans le vague. Peu importe, Coco Chanel (1883-1971) devrait faire courir les foules. Il y a l’œuvre, le personnage et une vie qui sent tout de même le souffre, même si la maison de la rue Cambon a tout fait pour apaiser de fâcheuses rumeurs (du 4 avril au 13 septembre, www.palaisgalliera.pais.fr)

Matisse au Centre Pompidou. Le bâtiment devrait rester en travaux quand aura lieu la méga exposition Henri Matisse (1969-1954). A partir du fonds de Beaubourg, mais aussi des musées Matisse de Nice (où il est mort)vet du Cateau-Cambrésis (où il est né), les commissaires ont conçu la plus importante rétrospective dédiée au maître depuis un demi siècle. Les autres institutions ont bien sûr prêté. On ne peut pas dire que le sujet se révèle très original, mais le Centre a besoin d’un vrai succès public. Bacon a déçu sur le plan des entrées (du 13 mai au 31 août, www.centrepompidou.fr)

Rome

Raphaël aux Scuderie del Quirinale. Après Vinci, disparu en 1519, voici Raphaël, mort à 37 ans en 1520. C’est cette fois la capitale italienne qui domine, même si une suite est prévue au Louvre du 24 octobre au24 février 2021. Il y aura en tout 200 œuvres. La plupart viennent d’Italie, avec en tête Florence et Naples. Une importante section de dessins est prévue. Il sera intéressant de voir quel accueil se verra fait à un artiste qui n’est plus au sommet de sa popularité (du 11 mars au 16 juillet, mais j’ai lu d’autres dates, www.scuderiequirinale.it)

Le "Baldassare Castiglione" de Raphaël devrait se voir prêté par le Louvre à Rome. Photo RMN, Paris 2020.

La Collection Tolornia au Palazzo Caffarelli. Feu le prince Tolornia avait détourné les subventions de l’État pour transformer son musée privé en appartements de luxe. L’affaire a traîné des décennies en Justice, couverte à la fin par la prescription. Il a fallu s’arranger avec son petit-fils pour remettre peu à peu les choses d’aplomb. Première étape, cette présentation de 80 pièces de la plus belle collection d’antiques encore en mains privées sur le Capitole (du 25 mars au 11 février 2021, www.fondazionetolornia.org)

Venise

La Biennaled’architecture à l’Arsenale et aux Giardini. C’est la dix-septième du genre. La manifestation est devenue presque aussi populaire que la Biennale des beaux-arts, adoptant les mêmes dates. Elle s’est vue cette fois confiée à Hashim Sarkis, un Libanais de55 ans travaillant aux Etats-Unis. Il lui reviendra de diriger les parties officielles. L’homme a choisi comme titre «How Will WeLive Together». Il s’agira une nouvelle fois de parler d’architecture sociale et environnementale (du 23 mai au 29novembre, www.labiennale.org)

Hashim Sarkis à Venise avec le président de la Biennale Paolo Baratta. Photo Biennale di Venezia, Venise 2019.

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