Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Que verrez-vous (peut-être) cet automne de Londres à Paris en passant par Francfort?

Le menu européen apparaît plus incertain que celui proposé par les Suisses. Il subsiste en plus bon nombre d'inconnues. Il faudra penser aux fermetures de frontières.

Des sacs en tous genre au Victoria & Albert Museum de Londres.

Crédits: Victoria & Albert Museum, Londres 2020.

Vous avez de la chance d’habiter en Suisse! Côté expositions, vous savez ce que vous allez voir, où et surtout quand. J’ai pu vous donner hier une liste d’événements presque (n’oubliez tout de même pas le virus!) fiables pour cet automne. Il me semble plus difficile d’en faire autant pour l’Europe. Notez que je me suis ici limité à quelques villes, en éliminant l’Espagne et la Belgique.

Cela dit, pour voir les manifestation de Londres (où le British Museum ne rouvrira que le 27 août!), ce sera coton. Il faudra y aller, avoir en poche des réservations plus ou moins obligatoires et en revenir. Il y aura moins de problèmes avec Paris. Mais, là aussi, il s’agit souvent de prendre son billet en ligne… même si vous devez découvrir sur place que vous êtes très peu dans les salles. Quant à l’Italie, d’ordinaire si riche, elle ne restera l’ombre d’elle-même enfin d’année. Il faut dire que les privés y jouent un rôle essentiel. Or en ce moment, faute de visiteurs, la Peggy Guggenheim Collection de Venise elle-même s’est lancée dans le«crowfunding». Sans grands résultats financiers apparemment…

Francfort

Nennt mich Rembrandt! Le Städel se lance, en coproduction avec la National Gallery of Canada, dans une grosse entreprise. Le musée entend montrer comment un jeune artiste, venu de Leyde, a su triompher commercialement de ses rivaux entre 1630 et 1650 à Amsterdam, puis de quelle manière il est devenu un professeur coté. L’exposition, qui durera du 12 août au 5 mai, montrera des toiles venues de Madrid, Londres, Washington ou Dresde (www.staedelmuseum.de)

Un autoportrait de jeunesse signé Rembrandt. A voir au Städel de Francfort. Photo DR.

Londres

Titian, Love, Desire, Death. En 1552, le futur Philippe II d’Espagne commande au vieux Titien des tableaux inspirés par les «Métamorphoses» d’Ovide. Le peintre est lent et très demandé. Il n’y aura en tout que six grandes toiles, aujourd’hui regroupées à la National Gallery de Londres en provenance de Madrid, Boston… et Londres. Cette exposition de poche, repoussée en mai pour cause de pandémie, semble déjà ouverte au public. Elle durera jusqu’au 21 janvier (www.nationalgallery.org.uk)
Bags: Inside Out. Le Victoria & Albert a déjà montré les chaussures ou les robes de mariées. Il va s’attaquer du 21 novembre au 12 septembre aux contenants. Le champ envisagé sera étonnamment large. Il y aura des sacs à dos et surtout à main. Plus des serviettes ou des attaché-cases. On sait à quel point la maroquinerie fait aujourd’hui rêver. Il suffit de regarder les prix chez Hermès ou chez Ferragamo. Le V & A réussit presque toujours ce genre de présentations (www.vam.ac.uk)

Lyon

Edi Dubien. Le MAC (ou Musée d’art contemporain, il n’y a pas ici de maquereautage!) a décidé de s’offrir un coup de cœur. Il va montrer 300 dessins, plus des peintures et des installations (comprenant des sculptures) d’un artiste autodidacte. Un monsieur jamais exposé en grand dans une institution. Figuratif, en plus! Edi n’aura pas le musée entier de la Tête d’Or pour lui tout de même. Le MAC se penchera aussi sur les produits du confinement entre le 7 octobre et le 3 janvier (www.mac-lyon.com)

Détail d'une peinture d'Edi Dubien. Photo Edi Dubien, MAC, Lyon 2020.

Marseille

Folklore. Un prêté pour un rendu. Le Mucem a coproduit avec Pompidou-Metz cette exposition ne comprenant pas moins de 360 numéros. Il a fourni les objets artisanaux, en bon héritier du défunt Musée des arts et traditions populaires de Paris. L’antenne lorraine de Beaubourg apportait les œuvres d’artistes majeurs inspirés par des créations populaires. L'étape messine (de Metz) a divisé la critique. Le folklore n’a politiquement pas bonne presse. A voir du 4 novembre au 22 février (www.mucem.org)

Padoue

Van Gogh. C’est une obsession! En 2017 encore, Marco Goldin proposait à Vicence, tout près de Padoue, un Van Gogh raté dont je vous avais parlé. Il va récidiver du 10 octobre au 11 avril dans le Centro San Gaetano. L’organisateur annonce 125 pièces, dont 78 de la main du Néerlandais. Le parcours sera divisé en cinq sections thématiques. Cet événement grand public n’a curieusement pas été annulé en raison de la pandémie. Les renseignements se trouvent sous www.lineadombra.it

Paris

Albrecht Altdorfer. On ne peut pas dire que le peintre de Ratisbonne (1480-1538) soit une vedette pour les Français! Le Louvre fait pour une fois preuve de courage dans le choix de présenter ce «génie de la Renaissance» à son public. Il ne possède en plus rien, ou presque rien de sa main. L’exposition, organisée avec l’Albertina, montrera des peintures, des dessins et des gravures du 1er octobre au 4 janvier. L’ensemble se verra mis dans son contexte historique (www.louvre.fr)

Une gravure d'Altdorfer montrée à Paris. Photo DR.

Luxes. Le Musée des Art décoratifs, ou MAD, a choisi de montrer cent pièces particulièrement luxueuses de ses collections dans un contexte «pertinent». Il s’agira, comme souvent ici, de faire passer le visiteur par le plus grand nombre d’espaces possibles de l’institution. Du 15 octobre au 2 mai, le public pourra ainsi redécouvrir des lieux fermés au public par impéritie, paresse ou faute de gardiens. Je citera le Salon 1900 ou celui des Boiseries (www.madparis.fr)
Léon Spilliaert
. Je viens de vous parler d’un livre consacré au symboliste belge. Dans sa jeunesse, l’homme d’Ostende (1881-1946) a donné des aquarelles sur papier d’une extraordinaire noirceur, avec notamment beaucoup d’autoportraits. La suite, après 1910, se révèle en revanche assez décevante. Le Musée d’Orsay va proposer le Flamand du 13 octobre au 14 février en tandem avec le Britannique Aubrey Beardsley, mort de tuberculose à 25 ans en 1898 (www.musee-orsay.fr)

Venise

Carpaccio, dipinti e disegni. Spécialiste des grands cycles picturaux, comme celui consacré à la vie (et à la mort) de sainte Ursule, Carpaccio(1465-1525/6) a récemment fait l’objet d’une petite exposition à Conegliano, dont je vous avais parlé. Voici la grande, dans l’appartement ducal au Palais des Doges. Elle aurait lieu du 10 octobre au 24 janvier… mais il existe aussi des indications donnant un prudent report à l’été 2021. Alors, qui croire? (site consulté www.giornalsentire.it)

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."